Mes anciens éditos
De l'égalité devant la tâche
Les hommes sont comme ça! Rafistoler une étagère brinquebalante ou bidouiller dans l'électronique de pointe du magnétoscope familial les rend fébriles et fiers. Ils vous nettoient une tête de Delco en deux coups de cuillère à pot catalytique. Mais demandez-leur de tourner la salade et c'est l'impasse, le blocage cérébral. Et comme on est pas des harpies, on ajoute:
"laisse, je vais le faire. Sors plutôt les assiettes à potage, non pas celles-là, les bleues, dans le placard du fond,
non, pas là: au fond mais à gauche. Bon ben va voir ce qu'il y a à la télé
pendant que je termine ça." Je ne dépeins pas ici un cas particulier,
mais plutôt un ensemble: le genre humain. L'homme est imbattable en
matière de bricolage, d'électricité, de soudure, de réparation en
tous genre. La femme, elle, est irremplaçable dans sa cuisine.
Parfois, l'Homme se hasarde à l'office, histoire de vous
faire une petite surprise: Un civet de lapin sauce moutarde. Il dresse, pour la
circonstance, une jolie table (nappe bleue, serviettes à carreau rouges et
blanches, vaisselle ocre et les beaux verre de Tante Lucie en guise de touche
finale.) Vous trouvez ça attendrissant mais vous n'avez pas encore vu
l'étendue des dégâts. Votre cuisine ressemble à une annexe de l'armée du
salut et plus aucune casserole n'est rangée dans son placard. Lorsqu'un homme
prépare un civet de lapin à la sauce moutarde, il a besoin de quatre
casserole: une pour le civet, une pour le lapin une pour la sauce et une pour la
moutarde! Mais le geste fût suffisamment beau pour passer l'éponge (au sens
propre comme au figuré) sur le détail vaisselle et pour honorer le repas. Et
l'Homme, pour mieux faire passer la pilule, a allumé de ravissantes bougies
afin de créer une ambiance feutrée. Le civet de lapin à la sauce moutarde
s'annonce donc merveilleux. Vous aurez juste un soubresaut lorsque les bougies
couleront sur votre belle nappe qui vous vient de votre grand-mère (les hommes
ne connaissent pas l'existence des bougeoirs, c'est bien connu). Prenons
maintenant le problème dans l'autre sens. Supposons que l'Homme est
absent et que vous devez impérativement accrocher le portrait de l'oncle Louis
au mur. Généralement, vous aurez besoin d'un marteau, d'une perceuse, de
désinfectant, d'une chignole, d'une clé de douze, d'une pince coupante, de
sparadrap, de quelques tournevis et d'un clou. A l'arrivée, oncle Louis
aura la tête en bas et le cadre en goguette. Quant au mur, il aura subi les
pires outrages. Pas de problème: vous dissimulerez tant bien que mal les
dégâts derrière le faciès de l'oncle Louis. L'homme, lui aura la lourde
tâche de ranger le bordel que vous aurez mis dans sa boîte à outils (un
partout, la balle au centre). Sommes toutes, cela tend à prouver une chose:
tout en étant totalement différents, nous sommes bien de la même
espèce. Et en plus, nous sommes complémentaires. Beau, non?
Le sport mène à tout
Mon
journal favori m'apprends que Lise-Marie M., l'une de nos gloires
nationales à nous, skieuse comme métier et "dépenseuse de sous
dans les casinos" comme hobbie a atteint un point de non-retour.
Tout l'argent qu'elle a gagné avec le sport, elle l'a claqué sur le
tapis vert ou dans les fentes des machines à sous. Bon, jusque là,
rien de trop exceptionnel. Seulement, la belle, irritée de ne plus
avoir un kopeck, se lamente dans les médias. "Je vous ai gagné
tout plein de médailles, alors remboursez mes dettes, c'est la moindre
des choses!" Et le comité sportif d'acquiescer sans sourciller. En
voilà une qui ne manque pas d'air (je ne parle pas ici de l'air pur des
sommets enneigés).
Alors, si vous êtes pris par la fièvre du
jeux, faites les choses dans l'ordre: Venez en Suisse, pratiquez un sport quelconque, gagnez
quelques médailles histoire de faire passer la pilule et, une fois vos
économies englouties dans les caisses des casinos avoisinants, allez geindre à
la télé. Vous serez ainsi: 1: célèbre, 2: médaillé, 3: content d'avoir pu
jouer, 4: financièrement à l'aise grâce aux bons offices du comité sportif.
Merci qui?
A la Saint Valentin, sur tes sous on met le grappin
Vous allez dire que je me répète. Bon, c'est vrai que
l'an dernier, j'avais déjà pondu un texte au sujet de Saint Valentin, évêque
de Terni, protecteur des amoureux et tout et tout. Mais pourquoi, susurrez-vous,
n'abordé-je pas le sujet dans mes pages? Pourquoi ignoré-je cette fête si
romantique? Et bien la réponse est: Parce que. Les parfumeurs nous
claironnent: "pour la Saint Valentin, offrez du parfum". Comme si, le
reste de l'année, on se parfumait à l'aïoli. Les fleuristes nous assènent:
"Pour la Saint Valentin, offrez des fleurs". C'est plus élégant que
des lampes à pétrole, mais ça dure moins longtemps. Les chocolatiers ne
restent pas à l'écart: "pour la Saint Valentin, offrez ...".
Et les mois où il n'y a pas de Saint Valentin? Qui mange des chocolats? Qui
reçoit des fleurs? Qui se parfume derrière les oreilles? Tout le monde, non?
Et moi de me dire qu'on en à raz le panier de la ménagère de ces vendeurs à
tout crin. Personnellement, j'aime bien recevoir un parfum le 18 avril et un
bouquet de fleurs le 18 mars. Pas qu'il s'agisse de dates particulières,
mais juste parce que la personne avait envie de me les offrir ces jours-là.
Comme ça, sans raison autre que l'amour ou l'amitié qu'il me porte. Et
réciproquement. Je n'ai pas besoin de consulter l'almanach pour offrir une eau
de toilette à mon époux ni le calendrier pour donner une petite broche à ma
meilleure amie. Noël, c'est tous les jours, Pâques aussi et, à fortiori, la
Saint Valentin. Alors si on vous demande des sous pour prouver à votre cher et
tendre que vous l'aimez, c'est que, quelque part, il y a un détail qui coince.
Si vous l'aimez, dites-le lui. Sans fioritures, sans chichis ni tralalas. Et
ça, c'est plus précieux que n'importe quel bijou, parfum de marque ou chocolat
fin.
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Lundi. Mon jour de lessive. Le tri du linge est vite expédié. Ma nappe -celle que j'utilise souvent puisqu'il n'y a pas besoin de la repasser- accuse les souvenirs du dernier repas (une raclette bien grassouillette). Mais je ne panique pas. Je garde mon sang-froid car j'ai une boîte de poudre miracle. Un rapide coup
d'œil sur l'emballage m'apprend que c'est l'oxygène actif contenu dans le produit qui va fusiller les taches et les auréoles de mon linge. Car c'est bien connu: les lessives, ça
lave le linge, mais pour les taches, il faut quelque chose de plus costaud.
Donc, c'est à l'oxygène actif que je vais confier mon linge de table. 40 ans de consommation journalière et j'ignorais encore que l'oxygène détachait les taches des nappes! Mais attention: ne tombez pas dans le panneau: c'est l'oxygène
actif qui réalise cet exploit. Le passif, ce fainéant qui n'en glande pas une, ne détachera rien du tout. Celui-là, il sert juste à
respirer et c'est tout.
Au télé-achat, ils ne s'y sont pas trompés: dans un bol rempli d'eau, ils jettent une
chaussette qui doit dater de la guerre des tranchées. Non contents de ça, il ajoutent dans l'eau de l'iode, de l'encre et du jus de betterave. Une petit dose de poudre magique et HOP: l'eau brunâtre se transforme en un éclair en un liquide limpide. Si limpide qu'on en boirait s'il n'y avait pas
une chaussette qui flotte dedans!
Mais moi, je voudrai savoir un truc. QUI, dans la vie de tous les jours, se sert d'iode, d'encre ou de jus de betterave? L'iode, je l'ai remplacé par un désinfectant incolore qui ne pique
pas (pas folle la guêpe), l'encre est irrémédiablement coincée dans la mine de mon stylo et le jus de betterave, je n'ai même jamais vu ça dans les étals des magasins que je fréquente. Ce qui me porte à penser qu'avec la poudre magique à l'oxygène actif, ce n'est pas les taches sur le linge qui risquent de nous causer un problème: c'est de trouver les produits qui vont souiller idéalement le linge afin que l'on puisse s'extasier devant l'efficacité de l'oxygène actif. Last, but not least: La nouvelle poudre magique à l'oxygène actif contient maintenant un protecteur des couleurs. Donc, lors de vos prochaines agapes, essayez de faire des taches transparentes sur la nappe car une tache en couleur serait protégée et il faudrait tout recommencer la lessive avec l'ancienne poudre magique sans protecteur de
couleurs. Quand je disais que Mieux est l'ennemi de Bien! Après tout ça, rien de tel qu'un bol d'air frais à l'oxygène passif pour se requinquer les méninges.
Espéranto utopique
En
Suisse, nous parlons français, allemand, italien et romanche. Bon, n'allez pas imaginer qu'au saut du berceau chaque helvète maîtrise ces quatre
langages à la perfection. On commence par parler UNE langue maternelle (personnellement, je suis venue au monde dans la région francophone) et plus tard, à l'école, on tente d'essayer de nous inculquer une seconde langue (pour ma part, ce fut l'allemand qui m'a donné du fil à retordre et des
heures de colle). Sinon, dans la vie de tout les jours, c'est le français qui se pratiquait autour de moi. Et moi, candide, de croire qu'hommes et femmes parlaient le même français:
naïve, va! Les finesses du langage varient en fonction du sexe de votre
interlocuteur, sachez-le. Demandez à une amie de vous décrire son chef de bureau, elle s'attardera sur son mode vestimentaire, le ton de ses yeux au soleil et l'odeur de ses cheveux le lundi matin. Demandez à un homme de vous dépeindre sa secrétaire et il
vous donnera plus de détails sur la forme de ses seins et la longueur de ses jambes que sur les reflets de ses cheveux ou ses compétences dactylographiques.
Les petites annonces sont le reflet probant de ce que je viens d'avancer.
Une femme écrira: Cherche un homme (jusque là, ça va), sensible (pas une brute épaisse),
gentil (hooligans s'abstenir), sympa ( mais pas systématiquement un comment vas-tu
yau de poêle, pas mal et toi ture en zinc),
indépendant (tant qu'à choisir, autant qu'il ait des sous), compréhensif ( avec elle, ce ne sera pas le Kama-Sutra tous les soirs)
et bien de sa personne (avec deux bras et deux jambes, le tout en bon fonctionnement
et si possible surmonté d'une tête agréable à regarder). L'idée de base,
c'est de trouver un gentil garçon qui fasse plus bisquer les copines
qu'effrayer les oiseaux.
Si un homme écrit la même annonce, le sens change radicalement: Cherche femme
(bon, là aussi, ça va), sensible (clitoridienne bienvenue. Variante:
très sensible: clitoridienne ayant les tétons qui sortent quand il fait froid),
gentille (pas farouche), sympa (qui comprenne ses jeux de mots et ses histoires belges sans poser de questions),
indépendante (chacun chez soi), compréhensive (avec les autres, ce sera uniquement sexuel)
et bien de sa personne (90-65-90, aimant les concours de T-shirts
mouillés). Autrement dit, entre la ménagère de moins de cinquante ans et une
splendide créature, façon Jessica Rabbit, fidèle, nonobstant nymphomane, le choix sera vite fait.
Vous saisissez la nuance? Dans la vie de tous les jours, une femme dira: "des cheveux ondulés, légèrement permanentés afin de donner du corps à la
coiffure". Un homme
parlera de "cheveux frisés". Une femme dira d'une autre: "sans être un critère de beauté, elle possède un charme indéniable"; l'homme dira
"Ouais, elle est pas mal! Mieux vaut ça que la foudre".
Mais un homme sait très bien jongler avec les deux langages. Imaginons qu'il parle de sa nouvelle conquête
à ses parents. A son père, il dira "ça va bien" (et le père de comprendre que c'est une affaire).
"Ca va très bien" sous-entend qu'en plus, elle
sait cuisiner. A sa mère il dira:
elle est gentille, tu va l'adorer. Et la mère de comprendre que son grand
fils a enfin trouvé quelqu'un de sérieux et qu'elle va peut-être avoir la chance d'être grand-mère
bientôt et quand est-ce que tu nous la présente? Bon, les mères sont toujours plus
longues à la comprenaître , c'est bien connu! Vous voulez encore un exemple?
Voyez les publicité pour les gels douche. Pour faire passez le message (achetez
ce produit: il est bien), le langage tant verbal que visuel change en fonction
de l'anatomie génitale du public ciblé. Pour vanter un gel douche au féminin,
on nous montre une femme sous la douche (bah! logique: si elle était sur une moissonneuse-batteuse,
le message serait trop sibyllin), qui fait des tas de
mouvements, romantiques à souhait mais d'une lenteur déconcertante. Elle passe une main sur la cuisse
gauche, une main sur l'épaule droite, regarde la caméra, sourit bêtement et
est persuadée d'être propre comme un sou neuf. Mozart ou Bellini en musique de
fond, ambiance épurée japonaise et le tour est joué. Mes douches à moi sont
beaucoup moins fleur bleue que ça, particulièrement quand je me savonne les
mollets ou que je me contorsionne pour passer la gratounette sur la corne de mes talons, mais bon! Je
ne vends pas du savon, moi. Et pour les hommes? Le ton change radicalement. Là,
on sent que c'est la douche du matin, celle qui va revigorer le mâle afin qu'il
produise une bonne journée de labeur nourricier. Ambiance sportive de rigueur,
du punch, du peps, de la gaieté. Le savon mousse bien partout (enfin je le
suppute car, à l'opposé des femmes que l'on voit entièrement et nues comme
des vers, les hommes n'apparaissent que jusqu'à la ceinture... et encore!).
Donc le message est passé: les publicitaire voient les hommes comme des
battants, rapides comme l'éclair et éveillés comme un panier de souris tandis
que les femmes sont des endives mollassonnes qui ne se savonnent que là où ça
fait joli dans le décor. CQFD
Pas évident de s'y retrouver dans tout ce charabia, n'est-ce pas? Et quand je pense qu'un illuminé
a inventé l'Espéranto dans le but que tous les hommes se comprennent entre eux! L'idée, d'ailleurs, n'est pas si
mauvaise en soi, mais si les hommes se comprennent tous entre eux, que vont devenir les femmes, les épouses, les concubines et les
mères, les filles et les petites copines? Eh bien pas de panique! Nous nous inventeront notre propre Espéranto
rien qu'à nous et ainsi, toutes les femmes se comprendront entre elles. Et finalement, ça ne changera pas grand chose au problème. Surtout qu'avec le temps, on a appris à décoder nos langages
respectifs et que ça marche très bien comme ça: on est 2 milliards et le
pouce sur la planète et le nombre
croît de jour en jour. C'est une preuve tangible, non?
On a eu un sacré bug!
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Pour un millénaire, ce fut un millénaire! Pas de coupure d'eau, d'électricité ou de quoi que ce soit d'autre. Pas l'ombre d'un chuintement côté micro-ordinateur, aucune bouteille de champagne bouchonnée, des enfants délicieux, un foie gras bien sage, bref, tout semblait rouler tout doux. Mais le sort en a décidé autrement en rendant ma petite Maman veuve, juste à la veille de mon anniversaire. Notre Ernest adoré (Nénesse pour les intimes) nous l'a jouée perso en s'éteignant à l'hôpital. Si je vous en parle sur un ton un peu léger, c'est pour mieux masquer ma douleur. Mon beau père est décédé en nous laissant un amer goût de chagrin et de solitude. Voilà un homme qui n'a jamais dit un mot plus haut que l'autre. Jamais je ne l'ai vu s'énerver. S'il nous a souvent fait pleurer, c'était de rire. Un mordu drogué accro de la pêche et de la nature, un sauvage comme on les aime, un Papa comme je vous en souhaite un à tous. |
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Pas un saint, pas un Adonis, pas un bavard,
mais un ami comme on n'en fait plus. Parfois il décrochait 4 mots de
la soirée, mais si d'aventure vous prononciez un mot magique (pêche,
gemmologie, reptile, aquarium, enfin ce genre de mot!) vous en aviez
pour la soirée: il n'arrêtait plus de parler, expliquer, conseiller.
Et des conseils avisés, siouplait! Bon, je ne vais pas vous agacer avec mes états d'âme et mon chagrin, mais je tenais juste à vous dire que parfois, des hommes de grande valeur s'en vont sans faire de vague, tout doucement, humblement. Saches Nénesse que ton nom sera toujours sur nos lèvres, ton visage sera toujours dans nos mémoires et ta générosité a tant inondé nos cœurs que nous en distilleront le zeste jusqu'à notre dernier souffle. A tout vite, Nénesse. Gardes-nous une place au chaud et prépares le barbecue et le rosé céleste! Nous arriverons tôt ou tard vers Toi et là, je te jure que le millenium, on va se le fêter! (voir l'hommage à Ernest) |
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Congélatum ad vitrocéram
Je sais que nombre d'entre vous vont se reconnaître dans ce récit. Vous êtes dans votre cuisine, la vaisselle est faite et il vous reste un peu de ce délicieux ragoût qui a enchanté toute votre smala. Genre deux
morceaux de viande, une demi carotte et un dé à coudre de sauce. Juste de quoi vous donner envie d'en manger plus, mais pas assez pour faire un repas. "Bah, au cas ou j'aurai une petite faim" dites vous candide. Vous placez méticuleusement les agapes de votre festin dans un Tupperware et le placez immédiatement au congélateur. Vous l'étiquetterez un autre jour car là tout de suite vous devez faire... n'importe quoi d'autre que de dater une boîte en plastique rose moche. Et ladite boîte de tomber au fond du
congélo, dans un recoin qui n'a pas vu la lumière depuis le jour où vous avez acheté l'appareil, c'est vous dire! Et si vous êtes du genre "bonne mémoire", et qu'il vous vient à l'esprit qu'il vous reste deux morceaux de ragoût qui vous ferait bien plaisir, c'est la tête dans le bahut et en apnée qu'il faudra allez chercher le Tupperware rose moche. Voire aidée de votre mari: "mais si, voyons, je la vois, juste là, à côté du sachet de... tiens au fait, y a quoi dans ce sachet?" Et de vous dire qu'il faut vraiment que vous vous mettiez à organiser un peu mieux le contenu de votre congélateur. Vous achetez un joli cahier dans lequel vous notez scrupuleusement la date du jour et vous tracez des colonnes afin de gérer le stock. Dans les colonnes, vous n'y inscrirez jamais rien car votre joli cahier va connaître le même sort que le
Tupperware rose moche: aux oubliettes. Mon congélateur, c'est la caverne d'Ali Baba, la foire à la brocante. On y trouve de tout, mais surtout de rien. Des queues de persil (pour le bouquet garni du pot au feu), 4 morceaux de viande de la dernière fondue bourguignonne, des glaçons
datant de Mathusalem. Mais de vrai rôti, de plats cuisiné (et entier),
nenni. Il me reste une cuillerée de persil? congélateur. Un blanc d'œuf? congélateur. Deux filets de rougets? Itou. Et de temps en temps, je me dis que le jeu n'en vaut peut-être pas la chandelle! Je ne vais tout de même pas m'offrir un scorbut en bonne et
due forme juste histoire d'économiser trois brins de ciboulette. Alors, je fais le ménage. Par le vide. Pour ce qui est des économies, je suis loin du compte! Mais ça fait du bien de se dire
que, bien que peu économe, on est ordonnée, méticuleuse, soucieuse de la santé des siens et qu'en plus on a un congélateur!
TOTAL. Vous ne viendrez plus chez nous par hasard...
... mais par accident! Parce qu'il faut faire des économies, Total a laissé naviguer ho hé un bateau rouillé de partout, l'Erica. Bateau rempli de bon pétrole bien cher, bien gras et bien polluant. Et ce qui devait arriver arriva! Le bateau a piqué une tête dans la mer, laissant échapper des tonnes de pétrole. Les côtes bretonnes en font les frais. Souillée, polluée, la mer rejette des nappes nauséabondes chargées de milliers d'oiseaux morts ou en passe de le devenir. Et les bénévoles de s'affairer à tenter un nettoyage d'urgence. Et Total de se demander si oui ou non, peut-être, mais c'est pas sûr,... enfin bref: de ne rien faire et surtout pas avancer des fonds pour que la côte soit dépolluée le plus vite possible. Alors si vous avez envie de manger un plateau de fruits de mer et qu'on vous le refuse rapport à la marée noire, dites-vous qu'il y a forcément un coupable dans cette affaire et que ce coupable nous sert quotidiennement de l'essence via des pompes nickel-chrome ou des sandwichs et des mugs via ses boutiques raffinées. Mais de solution pour réparer les conneries, vous n'en trouverez pas dans ses boutiques feutrées: ça coûte trop cher, les bonne idées!
Millenium factotum
Vous avez
remarqué aussi?A force de nous en parler, de ce millenium, on en
a raz la casquette avant même d'avoir acheté les cotillons. Il faut
dire qu'on nous l'a servi à tant de sauces qu'on ne sait plus par quel
bout le prendre, le bougre! Du coup on (moi) s'occupe à tout autre
chose qu'aux festivités, histoire de ne pas faire comme tout le monde.
Seulement, c'est mon site qui en pâtit! Pour les fêtes de Noël, j'ai
lamentablement recopié mes pages de l'an dernier et y ajoutant.. heu...
ben rien! En gros, mon travail s'est arrêté là! Mais promis, pour
l'an prochain, je vous pondrai des pages pour Noël, nouvel an,
Hallowiiiiiiiin et tout le bataclan. Du reste, ça me laisse du temps
pour y travailler, car l'an prochain, c'est pas avant le siècle
prochain (si si, je sais que ce sera pour 2001, mais ne me gâchez pas
mon plaisir!)
Alors, d'ici là, il ne me reste plus qu'à vous souhaiter de joyeuses
fêtes de Noël, une merveilleuse année 2000, sans bug ni enquiquineurs
et une santé de fer.
Dimanche, 5 décembre 1999
Vous connaissez
la dernière histoire belge? Eh bien c'est l'histoire d'un belge qui
épouse une jolie fille et qui est tout ému et tout amoureux. En plus,
le belge, il est prince de Belgique et sa fiancée, du coup, devient
princesse. Bon, encore une histoire de potins mondains, me direz-vous.
Oui, seulement là, je tenais à vous le dire, car le fiancé autant que
la fiancée ont laissé transparaître une timidité touchante et une
tendresse débordante l'un envers l'autre. Un couple princier qui n'a
pas la grosse tête, qui force l'admiration par sa simplicité et sa fraîcheur,
ça mérite bien quelques lignes dans cet édito, non? Alors je dis au
petit couple tout nouveau: "Vivent les mariés! Et que la vie vous
apporte tout le bonheur possible!"
Sinon,
quoi de neuf? Eh bien aujourd'hui, j'ai décoré mon sapin (J'ai
adoré la séance de démêlage des bougies électriques!), j'ai bu du
café, fumé des cigarettes (oui, ça va, je sais...), re-bu du café,
re-fumé des cigarettes, mangé du chocolat (les en formes de cloches
et les en forme de Père-noël), le tout arrosé d'une rasade de
café. En bref, j'ai glandouillé. Et regardé la télé pour mon plus
grand plaisir, ce qui me vient à vous conter les pubs suivantes. Pour
le décorum de la première, imaginez une salle de bain toute bête.
Un lavabo, un miroir, un linge éponge et stop. La ménagère ne s'est
pas foulée pour la décoration, mais on comprend pourquoi après.
Arrive un adolescent, torse nu, bas de pyjama et prêt à faire ses
ablutions matinales. Le lavabo rempli d'eau, le jeune homme prend un
peu de KillPustul dans le creux de la main et se savonne gaillardement
le faciès. Vous l'aurez compris, il s'agit d'une pub pour un savon
anti-acnéique destiné aux ados. Une fois le visage bien savonné, il
doit se rincer, l'ado. Et s'est à coup de grandes brassées d'eau
qu'il se projette vigoureusement sur le visage que l'adorable enfant
retire les restes de Killpustul. Résultat garanti par des tests en
laboratoires: avec Killpustul, les boutons trépassent avant même
d'avoir l'idée de germer sur le visage de nos descendances. Par
contre, c'est beaucoup moins efficace pour les genoux de la ménagère
qui va devoir ramasser 8 litres d'eau sur le carrelage de la salle de
bain, sur les murs et sur tout ce qui est a proximité du lavabo
(d'où le style épuré des lieux). Mais la beauté de la peau d'un
adolescent glabre n'a pas de prix, n'est-ce pas? Fût-ce celui de la
force nerveuse d'une mère de famille qui a certainement autre chose
à faire que de lessiver la salle d'eau tous les matins!
Et puis il y a le tout nouveau dentifrice Signal au micro-billes à
l'oxygène actif. Il s'agit de petits billes qui vont s'immiscer entre
les dents pour aller déloger les vilains restes de nourriture et les
bactéries. Mais en plus, elles connaissent le chemin pour ressortir!
Pas question de virer le manger et les microbes et de laisser des
micro-billes entre les chicots: ça ferait mauvais genre! Et là
encore, il est question d'une immense brassée d'eau en plein visage.
Mais en plus, sur le plan suivant, le brosseur de dent se tient
perché sur une planche de surf, dans un rouleau gros comme ça. Donc,
j'en déduis que Signal aux micro-billes à l'oxygène actif est un
dentifrice pour sportifs. Moi, j'ai déjà du mal à tenir en
équilibre sur un tabouret, alors imaginer, une planche de surf...!
Donc, je garde mon ancien dentifrice pour gens calmes, sans
micro-billes magiques, sans oxygène actif, mais avec quand même un
petit peu de menthe dedans. Il faut vivre dangereusement!
Mincir grâce à la télé
C'est bien
connu. Avant de pouvoir se gaver de dinde et de choux de Bruxelles, d'empiffrer
du foie gras et des huîtres, d'engloutir des tonnes de chocolat, de
bûche de Noël et de pain d'épice, d'ingurgiter des litres de
champagne, Bordeaux ou autre Kir Royal, il est d'usage de perdre
quelques centimètres, histoire de faire de la place. Vite dit! Mais
heureusement, grâce au Télé-achat, l'opération va passer comme une
lettre à la poste. Un petit peu de crème par-ci, par-là et nous
voilà en train de fondre comme un glaçon en plein désert du Kalahari.
Et ce n'est pas du bidon! Non non non: ils nous le prouvent en nous
montrant des photos avant-après; c'est pas rien, ça! Une infortunée
adipeuse s'est même sacrifiée afin de servir de cobaye, dans le but
très noble d'étayer les dires de la publicité. Adipeuse, peut-être,
mais courageuse femme que voilà.
Voici
donc notre téméraire expérimentatrice qui nous montre son bras.
Pouah! Dans le genre Plum pudding, on ne fait pas mieux. Ca
dégringole de partout, la viande est flasque et pendouille
lamentablement. Un petit chouia de crème aux éléments suractivés,
une manche en polyamide pour recouvrir le tout et, quelque jours plus
tard, sous nos yeux ébahis, on nous remontre le bras de la testeuse
de choc. Ferme, galbé, merveilleux. Alors si ça, c'est pas un bon
produit, je veux bien jeter tout mes CD aux orties! En plus, non
content de faire mincir, le produit fait bronzer et ajoute des grains
de beauté. On a du mal à croire qu'il s'agisse du même bras. Je
vous entends d'ici, mauvaises langues! Vous dites que c'est de
l'arnaque, mais moi je sais bien que tout ceci est vrai. Et en plus,
dans le paquet, ils OFFRENT un gel spécial qui confit l'hypophyse et
allège de façon significative le porte- monnaie. Ils sont vraiment
gentils, chez Télé-achats.
Noël au calepin, Paques au magasin
En dehors de nous
pomper l'oxygène avec l'an 2000, les magasins se mettent à nous
tarabuster pour nous vendre les colifichets de Noël. Et en matière de
clampins festifs, ils ne font vraiment pas dans la dentelle. Cela va du
petit, moyen ou grand nid en vraies plumes de kangourou au sapin chantant
et dansant, en passant par les guirlandes clignotantes, les boules
carrées et autres dessous de verre en peau de cuisse gauche d'okapi. Et
le tout achalandé suffisamment tôt dans les rayons pour que les
acharnées du boulot aient le temps de faire leurs emplettes de fête et
ne manquent pas de trouver l'Objet qu'elles recherchaient pour fêter
enfin dignement Noël. Donc, les parures de sapins et les bougies
multicolores sont en rayon depuis... heu ... attendez... oui, environ un
mois. Il y a fort à parier que progrès pour le prochain millénaire
oblige, les achats de Noël des prochaines années pourront être agendés
dès la mi-juin. Comme ça, même la plus tête en l'air aura le temps de
s'offrir trois boules de verre et un angelot en plastique pour le
pendouiller sur son sapin de Noël. Et moi, je commence à m'y perdre. Sur
mon sapin, cette année, je vais mettre quoi, à la fin? J'ai des petit
lapins choux comme tout, mais ils sont prévus pour Pâques. Des petites
sorcières rigolotes et des citrouilles lumineuses, mais ça, c'est pour
Hallowiiiiiiine, une fête qui semble ne pas vouloir percer chez nous
aut'
les européens.
Bon.
Ensuite: les bonbons pétard, les fruits en massepain et la marmite en
chocolat, c'est pour l'Escalade (une fête typiquement genevoise, pour
celles qui ne connaissent pas!). Les lampions et les petits drapeaux,
c'est pour le premier août (notre fête nationale). Les boules de
cotillon, les serpentins et les turlututus chapeaux pointus, c'est pour
fêter le vieil an qui passe le relais à l'an neuf (et cette année, il
sera bigrement neuf, l'an neuf!). Un petit tour dans les méandres
insondables de ce qui me sert de cave m'a vite édifiée: il faut arrêter
d'inventer des fêtes car je n'ai plus de place pour le moindre carton.
Mais? Ah! Tiens! oui, le gros là au fond! Woui, c'est le carton de Noël!
820 mètres de guirlandes, 546 bougies électriques, des bibelots à
suspendre en veux-tu en voilà (d'ailleurs, en voilà, dans ce gros
cornet, à gauche), deux crèches, des guirlandes de faux sapin déjà
décorées pour gagner du temps. Il faut juste y consacrer 4 petits jours
pour les démêler avant d'en clouer une à la porte d'entrée, sur le
clou qui ne tient pas (deux heures pour lui faire entendre raison à coup
de marteau), une à placer harmonieusement sur le haut de la paroi du
salon ( minimum 8 heures d'essais pour que l'harmonie ressemble à quelque
chose) et une sur le miroir du vestibule (là, 3 heures suffisent car
c'est la plus petite). Une fois les guirlandes en place, pas le temps de
s'endormir sur ses lauriers. Sur ses branches de houx non plus,
d'ailleurs; il faut se lancer dans la déco du sapin. Un beau gros sapin
plus vrai qu'un vrai, démontable (3 heures pour le remonter, le
re-démonter et le re-remonter à l'endroit), les bougies électriques ( 2
heures 30, démêlage et recherche de l'ampoule qui court-circuite les 99
autres comprise), les boules et les breloques (là, pas de lézard) les
guirlandes (là aussi, démêlage obligatoire) et enfin, la pointe sur le
sommet du sapin (4 heures avant de la retrouver au fond du carton du
premier Août). Pour les petits détails, genre achats et emballage des
cadeaux, mise au point et préparation des menus, agencement des tables,
achat des vins et du champagne, et autre babioles, on a le temps: 2 jours,
c'est largement suffisant! Finalement, les magasins ont drôlement raison
de nous vendre les articles de Noël suffisamment tôt! Parce que pendant
qu'on décore le sapin et la porte d'entrée, le gigot de Paques mijote
tout doucement dans sa cocotte et on peut surveiller les enfants qui
sculptent les citrouilles tout en grignotant des chocolats de la Saint
Valentin. Au fait, c'est quand Tanks Giving?
Champi-pi, champignons!
Moi, les
champignons, j'aime ça. En cassolette, en croûte, en sauce, en
fricassée. Sauf cru: là je bloque. D'ailleurs, c'est poison, dit-on. La
viande, j'aime ça aussi. le bœuf, le veau, le porc, je ne suis pas
végétarienne. Mais quand les publicitaires s'en mêlent, j'ai une
sérieuse tendance à réviser mon point de vue nourricier. Le décorum
est une ferme en France, on ne sait pas où (car en publicité rurale,
tout se passe en France dans une ferme on ne sait pas où, chez des
paysans attardés, c'est la règle). Le père de famille clame haut et
fort qu'il ne mariera jamais sa fille à un parisien. (tête de la fille
en arrière plan). Par contre il veut bien marier un parisien à...
son lapin. Là-dessus, notre solide campagnard brandit un vrai lapin
vivant qu'il maintient par les oreilles. Le parisien en question
est le champignon de Paris. Et le lapin se débat, apeuré, croyant sa
dernière bouffée d'air venue. C'était une pub pour le champignon de
Paris!
Et
moi je me dis que pour vendre des champignons de merde, ça ne vaut pas la
peine de faire du mal à un lapin innocent. Parce que le champignon de
Paris, sans vouloir dire du mal, ça n'a pas vraiment un goût inoubliable.
J'irai jusqu'à pousser l'argumentation plus loin: un verre d'eau remplace
plus qu'avantageusement ce placebo de champignon. Mais pour qui se
prennent ces publicitaires? Non contents de nous vendre des lessives inefficaces,
voilà qu'il se prennent à traiter les paysans des brutes sanguinaires et
dénuées de sensibilité. J'ai toujours détesté mon grand-père car il
tuait les lapins de son clapier. J'ai toujours adoré son épouse ( ma
grand-mère) car elle nous préparait un lapin à la moutarde inoubliable.
A l'époque, je ne faisais par la corrélation entre les deux, jeunesse
oblige.
Je pense que les paysans ont suffisamment de
problèmes comme ça (surtout en ce moment) et qu'ils n'ont nullement besoin d'avoir à s'occuper de
leur image médiatique. Image déformée que quelques jeunes cons aux
compétences publicitaires plus que limitées tendent à leur faire
endosser au détriment d'un pauvre lapin qui ne demande qu'à grignoter
son foin tranquillement.
En un mot comme en cent, vous aurez compris que j'aime les paysans mais
aussi les lapins. Et les vaches, les moutons, les fermes, la nature, les
poules, les oeufs, le lait tiède juste sorti du pi, bref la Vie! Et les
Parisiens! Car je peux vous assurer qu'ils ne sont pour rien dans cette
mascarade de publicité. Par contre depuis aujourd'hui, je n'aime plus du
tout les champignons de Paris. Ils ont un relent de fric fort déplaisant.
(Bon j'avoue que j'ai écris ça sous la colère; les
producteurs de champignons de Paris n'y sont pour rien, mais j'ai quand
même les moineaux devant tant de connerie. J'ai dit)
Le temps se gâte
Bon. Le sort en est jeté une fois de plus. Les
petites robes d'été sont reléguées au placard jusqu'aux prochains rais
de soleil estivaux. Ce qui me fais d'autant plus de peine que je ne les ai
pas portées cette année, rapport aux grammes supplémentaires dus à mon
sevrage de nicotine raté. En plus, comme nous approchons à grands pas de
l'an 2000, je suppose qu'un régime ferait légèrement désordre dans le
tableau. Alors c'est maintenant que je dois me décider. Ou je finis le
siècle enrobée comme un loukoum, ou je me serre la vis et la ceinture
maintenant pour entrer dans le nouveau millénaire fine comme une tige de
chiendent et moulée dans un fourreau taille 38. Quand je vous disais que je
fais tout à l'envers! Je m'empâte pour l'été et je veux mincir au
moment des doudounes et des chaussettes. Parce que c'est là que je veux
en venir: le temps! Il pleut tout ce qui peut et moi, la pluie, ça me
défrise la permanente et la bonne volonté. Et savoir qu'il va faire
froid, humide et moche pour les mois à venir n'arrange pas les
perspectives! Bon, y a pas mort d'homme, mais OUKILÊ l'été indien que
nous chante inlassablement Joe Dassin? Jusqu'alors, je n'en ai pas vu la
queue d'un! Et pourtant j'ai bien regardé.
Moi je rêve d'un climat pas tropical mais presque, avec un peu de pluie,
seulement la nuit, juste de quoi arroser le gazon et mes bégonias, un
soleil radieux mais pas brûlant, une hygrométrie raisonnable (sinon, le
brushing ne tient pas) Et un peu de neige le jour de noël. Mais pas de
blague, hein! Retour de l'été le 26 décembre, sinon c'est plus un
rêve, c'est la réalité!
Au crépuscule de l'an 1999
A l'aube de l'an 2000; à l'aube du prochain millénaire; pour la dernière fois du siècle; Pour la dernière fois de ce millénaire; Si j'entends ça encore une fois, je crois que je vais craquer. Soit, le passage de cette année à l'année suivante sera inhabituel, exceptionnel en raison des chiffres ronds qui composeront la nouvelle date. Soit, l'on ne change pas tous les matins de siècle, et à fortiori, de millénaire. Mais y force de nous servir des fadaises du genre à l'aube de... à la veille de..., je finis par me dire que, rien que pour les embêter, je resterai au siècle dernier et au soir du millénaire d'avant. J'irai me coucher en 1999 et je me lèverai en 1999 et ce sera bien fait pour eux, zut à la fin! D'autant plus que lorsque j'entends "à l'aube du...", je sais que c'est pour me vendre quelque chose. Une voiture, un paquet d'éponges abrasives, des tampon encreurs ou Dieu sait quoi encore! Alors moi, je dis STOP. Assez de ces arguments bidons pour nous fourguer de la marchandise à tout va. Et mon imagination trottine bon train! Je plante le décor: supposons que j'achète une voiture flambant neuve à l'aube du prochain millénaire. Avec options et tout, hein! Pas une crouille voiture avec rien dedans. C'est l'aube du prochain millénaire que diable! Bon. En un seul jour, ma voiture aura donc pris, outre les quelques bosses que je lui aurai infligées, un siècle et un millénaire. Comme ça, en une nuit, pendant que j'ingurgiterai mon kir royal et et mes huîtres. Donc elle ne vaudra plus un clou. "Tu l'as depuis quand, ta voiture? -Depuis le siècle dernier." Tout est dit. Ma voiture ne sera pas une pièce de collection vu qu'elle n'aura que un jour, mais sur le plan affectif, elle sera devenue un vieux machin du siècle dernier. Et ce qui me chagrine c'est que moi aussi, je serai devenue un vieux machin du siècle dernier. Un vieux dragon qui fait rigoler les enfants en chantant des vieilles rengaines d'antan. Les rhumatismes calés dans mon fauteuil Stark, je passerai mes CD rayés sur mon vieux phono Sony et j'écouterai les douces mélopées de ma jeunesse; Bowie, AC DC, Guns 'N' Roses, Rolling Stones, et autres Cher, Tina Turner ou Sheila ( Bon, je suis une indécrottable!). Les enfants s'assoiront autour de moi, sur le tapis en poly-vinyl d'acétate et je leur conterai des histoires du siècle dernier, comme la fois où un mur est tombé à Berlin ou encore celle où une ex-princesse est allée se scotcher sur un pylône du pont de l'Alma. Puis je me loverai dans mon châle en soie et tungstène expansé et je m'endormirai doucement, rêvant au bon temps, lorsque je tapais des idioties sur un.. comment on appelait ça déjà... un ordinateur afin de les publier sur l'ancêtre de la communication que l'on nommait affectueusement Internet. Dans ce temps-là, tout était plus beau, plus simple. Les fruits et les légumes avaient un bon goût de pétrole et d'anti-mite. Pas comme aujourd'hui! avec leur nouvelles manies de faire pousser les légumes tous seuls, sans additifs et sans engrais chimiques. Maintenant, les jeunes ne pensent qu'à aller danser sur Mars ou faire des vacances d'études sur Jupiter. Ils ne se soucient plus des petits vieux. Ils les collent dans des maisons au bord de la mer, avec piscine, 4 menus à choix, personnel qualifié et occupations multiples et ils les laissent là en ne leur rendant qu'une malheureuse visite par semaine. Quelle époque! Je me souviens qu'à la veille de l'aube du troisième millénaire, ça ne se passait pas comme ça! Ah ça non, alors!
Oh le duvet disgracieux!
Je l'avoue: j'avais quelque peu négligé mes jambes ces derniers temps. C'est une soirée inopinée dans un grand restaurant qui m'a remis les pieds sur terre et les poils au garde-à-vous dans les bulbes: Il a fallu m'épiler en catimini pour être présentable à table. Catimini, c'est juste le prénom! Car c'est armée d'un Bic orange que j'ai attaqué le gros oeuvre. Et vas-y que je te rase tout ça, dans la joie et la rapidité. La particularité des Bic oranges, c'est qu'ils sont coupants. Très coupant. Ce qui a eu pour effet de transformer ma séance d'épilation en cinéma gore. Freddy Kruger, c'était la petite maison dans la prairie à côté du travail de remise en beauté de mes jambes. Et c'est le mollet glabre, mais décoré de moult sparadraps, façon Ramsès II, que j'ai dégusté mon friand de langoustines et mon tartare de canard. Mais comment font-ils, tous ces messieurs qui se rasent tous les matins? Ils ressortent de la salle de bain tout frais, parfumés et sans une égratignure alors que moi, j'y laisse trois litres de sang par jambe. C'est entendu: bien des hommes confient leur barbe aux rasoirs électriques. Je me suis un jour lancée dans l'aventure en m'y essayant sous les aisselles. J'en garde un souvenir ineffable. Le rasoir aussi, d'ailleurs. Les rasoirs masculins rasent les barbes les plus drues mais demandez leur d'occire un duvet fin et là, il n'y a plus personne. Bon, vous me direz que c'est bien fait pour moi, que les poils féminins s'arrachent et ne se rasent jamais, je rétorque que Woui, je sais. Mais la vie présente parfois des cas de figure où la cire à épiler n'entre pas en ligne de compte. Et dans ces moment-là, je voudrai pouvoir faire comme dans Mission Impossible: un masque pré-maquillé sur le visage, des collants et une combinaison qui transformerait Miss Piggy en reine de beauté et roule Béatrix. Mais ça, c'est de la musique d'avenir. Et l'avenir, c'est dans pas beaucoup de jours car je ne sais pas si vous êtes au courant: on est à l'aube de l'an 2000. (voir plus haut!)
Pub
Quand je pense que j'ai vécu sans ça jusqu'à maintenant! Avant, pour rendre mon lave-vaisselle performant, je versais un peu de poudre dans le petit godet fait pour ça, je fermais le godet et la machine, j'appuyais sur le bouton et la vaisselle ressortait nickel de la machine. Mais en mal d'innovation, les fabricants ont créé des pastilles drôlement pratiques. Plus besoin de doser la poudre. Une pastille anéantit les restes de bœuf miroton sur les couverts de six personnes en un temps record. Et comme le hobbie des fabricants c'est de fabriquer, il ont ajouté une partie bleue sur la partie blanche de la pastille. La partie blanche lave normalement, tandis que la partie bleue traque les taches rebelles. C'est plus une vaisselle, c'est la guerre des Malouines! Mais il restait une ombre au tableau. La vaisselle propre était bêtement propre alors ça ne suffisait plus. Alors maintenant, c'est nouveau, les fabricants ont ajouté une bille rouge dans la partie bleue qui est sur la partie blanche de la pastille. La partie blanche lave, la partie bleue traque et la bille rouge.. heu...eh bien... je ne sais pas trop. Soit elle protège les décors, soit elle empêche les traces d'eau, soit elle parfume, soit elle aide la partie bleue à traquer, soit elle dit à a partie blanche comment laver, mais assurément, elle n'est pas là pour rien! C'est beau une vaisselle en technicolor, non?
Inès au portique, François-Louis à la boutique
Inès de la Fressange, vous connaissez? Meuhsi, voyons! Cette grande bringue
longiligne qui crée des vêtements, des accessoires, du linge de maison
et de table et qui vient même de créer un parfum! Signe particulier:
tout ce qu'elle crée est une merveille, un bijou. Et c'est elle qui
embauche des mannequins souriants pour ses défilés. Mais voilà
que mon quotidien m'en apprend de belles sur la belle! Elle est
actionnaire à 15 % de sa boîte et le reste appartient à François Louis
Vuitton (les fameux sacs moult fois copiés, vous voyez?). Et voilà-t-y
pas que notre Inès est proprement virée de sa boîte par François
Louis, pour faute grave. Elle a, pense t'on, dessiné un logo pour une
lotion revigorante et à oublié d'en informer François Louis qui en fut
fort irrité, le pauvre chou. Licenciée, virée, saquée la Belle Inès.
Mais
alors, dans les boutiques Inès de la Fressange, ils vont vendre quoi
maintenant? Ca me rappelle étrangement une histoire avec une poule qui
pondait des oeufs d'or et François Louis à peut-être tort de sacrifier
ainsi le noyau de la société.
Parce qu'Inès, elle, retombera toujours sur ses pattes: Un talent comme
le sien, il ne peut pas rester dans les oubliettes. Je sens que bientôt,
une nouvelle société va voir le jour avec à sa tête une grande bringue
sympathique, irritante comme on aime, passionnée de tout et créatrice de
génie.
Molossounet de Kiki à moi (traduisez "mon chien") n'est plus une chose!
Mon quotidien préféré me lance une bonne
nouvelle dans les gencives. Le conseil fédéral a décidé de d'approuver
une modification du code civil qui considérait jusqu'à aujourd'hui mon
animal prèf-prèf comme une chose. Je crois même qu'en matière pénale,
l'animal de compagnie est catalogué comme mobilier (si si!) "
T'as mis où mes chaussettes? Regarde dans la commode ou dans le
chien"! Bon. Le conseil fédéral a enfin compris que chien,
chat, canari ou autre raton laveur a une âme et une sensibilité.
Jusqu'alors, si vous trouviez un chien, son maître légitime avait 5 ans
pour récupérer son bien. Avec la nouvelle loi, au bout de deux
mois (délai normal pour s'attacher à la vie à la mort) il sera à vous!
Si vous divorcez, l'animal ira vivre auprès de la personne la plus apte
à la soigner. Finies les gue-guerres du style "ah tu veux m'emm...
quiquiner! Je garde le clebs!". Vous pourrez même coucher votre
animal sur votre testament et les héritiers seront tenus de s'y
conformer.
Bien sûr, il y a des problèmes bien plus graves dans le monde, mais en
pensant de la sorte, on ne ferait plus rien, pas vrai? Je ne vais pas
envoyer mon monstre du Lochnessounet à moi (traduisez "mon
chien") aux affamés du tiers monde. D'abord, vu sa taille (8 cm. au garrot
en comptant large), elle ne nourrirait pas grand monde, ensuite, avec la
peine que j'aurai, je ferai chuter l'économie de mon assurance maladie en
cachet remonte-peps et autre pilules Yoing Bing pour me remonter le moral.
Mais en sachant mon chien (traduisez "Molossounet de Kiki à sa
mémère") protégé par un texte de loi, ça me donnera du temps
pour réfléchir plus calmement aux autres problèmes mondiaux.
Une journée sans voiture
Mercredi 22 septembre, la ville de Genève lance
une opération "En ville sans ma voiture". Il s'agit de laisser
sa voiture au parking et d'évoluer dans la cité à bord de transports
non-polluants tels que les bus, vélos ou pieds. Adorable, me direz-vous.
Déjà que les autorités nous font de petites surprises du genre sens
interdit, feux mal réglés et autres aberrations destinées à nous
décourager de prendre nos Titines pour nous déplacer. Alors donc,
demain, il est fortement conseillé de ne pas prendre son véhicule. Moi
je veux bien, seulement le hic, c'est qu'après une sympathique et
annuelle journée sans voiture, il y aura certainement bientôt une sympathique et mensuelle journée sans voiture et un jour, sans
nous prévenir, cette journée sans voiture sera obligatoire. Car
il faut savoir qu'en Suisse, tout ce qui n'est pas interdit est
obligatoire. C'est idiot mais c'est comme ça. La nuit, au lieu de dormir
du sommeil du juste, nos conseillers fédéraux réfléchissent au moyen
le plus sûr de nous gâcher la vie. Un truc marche bien et de façon
autonome? Il est
immédiatement réglementé. On vote NON pour un projet de loi? 6 mois
plus tard, ladite loi est imposée sans préavis et sans ménagement.
C'est ce que nos 7 sages appellent la démocratie. Je vois poindre le jour
où nous devrons nous faire implanter des puces électroniques dans le cervelet
histoire que le gouvernement sache exactement où, à quelle heure et
comment nous vivions, nous amusons, travaillons et tout et tout.
Alors moi, histoire de semer mon petit grain de zizanie et avant
implantation d'une cyber-puce, je vais justement profiter de ce mercredi
pour aller faire des course. En voiture. Et en faisant pleins de détours.
Parce qu'on ne me la fait pas, à moi!
L'informatique et les filles
Un Natel. Ma copine veut un Natel. Un portable,
un téléphone, quoi. Rien de transcendant la-dedans, n'est-ce pas? Pas de
problème, lui fis-je candide: je vais venir avec toi pour le choisir. Ainsi
pourrais-je t'éclairer de bons conseils quant au choix de l'objet. Ni une
ni deux, nous voilà sur les routes, direction le magasin le plus proche
afin que mon amie puisse enfin à son tour connaître les joies de la
téléphonie sans fil.
- Nous: "Bonjour, Monsieur le vendeur, on voudrais voir vos Natels,
siouplait
- Le vendeur "Ben nous avons celui-là et avec l'abonnement Diax,
c'est très économique, vous verrez.
- Nous "Oui mais le téléphone, il est bien? Dual Band,
grande autonomie et tout et tout?
- "Pas de problème avec Diax, renchérit le vendeur, en plus il vous
proposent un Natel pour presque rien!
- "Oui mais ma copine, elle veut un Natel avec une Easy Card. Et ce
Natel-ci, il est bien?
Easy Card. Le mot fut lâché comme ça, sans méchanceté aucune, mais il
eût sur le vendeur un effet de soupape: mutisme immédiat. On ne put plus
en tirer la moindre information sur les téléphones. Déjà qu'il ne nous
en avait pas donné beaucoup, ça faisait peu de renseignements à mettre
dans la balance des comparaisons. Pour celles qui ne savent pas, Easy card
est une carte à puce que l'on introduit dans le Natel et qui permet de
téléphoner tout de suite, sans avoir à souscrire un abonnement auprès
d'une compagnie de téléphone. Et pour information, chaque vendeur de
Natel qui fait souscrire un abonnement à un client reçoit une
confortable commission. Très confortable commission! Du coup, avec votre
Easy Card, vous paraissez bien peu attrayante, commercialement parlant.
Second magasin, second vendeur, second échec. Nous avons visité quatre
magasins, sans succès. D'autant plus que nous sommes des femmes et, c'est
bien connu, les femmes, ça n'y connaît rien en informatique et en
ordinateurs alors pensez donc: un Natel!
Mon amie et moi avons été victimes du sexisme des vendeurs et là, je
pèse mes mots! Regards concupiscents ou condescendants, blagues
douteuses, sourires mièvres, nous avons eu droit à toute la panoplie.
Mais où va t'on, là? Faut-il gueuler pour avoir droit au service minimum
dans les commerces? Se travestir en homme pour acheter un paquet de
disquettes, jouer des coudes pour avoir un renseignement sur les derniers
pentiums? On ne vous demande pas de devenir copain comme cochon et de se
taper dans le dos en se congratulant grassement, mais un minimum de compréhension.
Pas besoin de testicules pour savoir brancher un joystick sur un port USB
ou une imprimante sur le port parallèle. Moi qui suis une bête femelle,
je sais même dévisser le capot de ma tour pour y connecter une carte
SCSI. Et revisser le tout sans faire péter les fusibles. Comme quoi,
bricolage et féminité ne sont pas incompatibles, non? Alors, Messieurs
les vendeurs, je vous le demande en toute humilité: arrêtez de nous
prendre pour des racornies du bulbe rachidien lorsque nous venons vous demander un
renseignement. Si nous vous demandons la différence entre le scanner HP
et le scanner Agfa, ce n'est pas une invitation lascive à une soirée de
stupre et de débauche. C'est juste que nous avons besoin d'un scanner.
CQFD.
Dico, dis-moi tout!
Me voila bonne
pour 10 ans. Mon nouveau dictionnaire va me conter ses histoires et ses
explications en lieu et place de l'ancien, mis en retraite après 13 ans
de bons et loyaux services.
En retirant le cellophane de mon Larousse, une odeur de pipi de chat est
venue me titiller les narines. Soit le papier en était imprégné, soit
ce sont les nouveaux mots qui, à l'instar de l'argent, ont une odeur. Et
que vois-je dans mon tout nouveau dico? L'arrivée toute fraîche de notre
Piccard national, le dénommé Bertrand, faiseur de tour du monde en
ballon en moins de 20 jours comme hobbies (ou comme métier, je ne sais pas
trop!). Et Brian Jones a eu l'insigne honneur de figurer dans l'article.
Mais sous la lettre J, point de Jones, Brian, aérostier qui a
réussi, avec B. Piccard...etc. Qui c'est ce Brian Jones? C'était la
femme de ménage du ballon de Piccard? Meuhnon!
C'est lui qui restait toujours en plan, à l'arrière, tandis que Piccard
posait comme une midinette au côté de Monsieur Virgin, devant un
parterre de photographes. C'est lui que l'on ne questionnait jamais alors
qu'il a fait exactement le même exploit que l'autre. C'est lui qui est
resté seul comme un con à la table de conférence tandis que le Piccard
Team quittait ladite table pour se jeter toutes canines dehors sur le buffet offert pour la
circonstance. Par contre, ce n'est pas lui qui touche des milliers de
francs pour faire des conférence au quatre coin du pays, voire du
continent. Ce n'est pas lui non plus qui passe à la télé, à la radio,
sur Internet. Non, ça, c'est l'autre: Piccard. Du coup, mon dictionnaire
me gonfle singulièrement. Même ici, on fait dans la démagogie. Pauvre
Brian Jones! La pilule doit lui paraître bien amère et je le comprend.
Mais avec la tribu Piccard, il fallait bien s'y attendre! Au moins, à
l'arrivée il a eu droit à un baiser plus chaleureux de Madame Piccard
que son propre mari. D'ailleurs, tout le monde a eu droit à un baiser
plus chaleureux. Je n'invente rien: voyez les archives de la télé! Il y
a quand même une justice !
| Le drame turc Pas de plaisanteries sur ce
sujet. Les mots manquent pour exprimer l'horreur de la situation.
Tous ces gens, toutes ces familles décimées, meurtries en raison
des tremblements de terre. Et là encore, l'argent entre en ligne de
compte! Si les promoteurs avaient fait leur boulot convenablement,
les pertes humaines auraient été moindre. Pourquoi faut-il que
l'argent salisse tout de la sorte? |
Éclipse en août, Pâques au Rabannes
Donc, nous avons eu la chance de voir une
éclipse solaire en ce mercredi 11 août. Les médias en ont tant parlé
avant, pendant et après que le simple mot "éclipse" me donne
des migraines. Comme des millions de personnes, je pouvais zieuter le
phénomène en vrai et, simultanément, à la télévision. La
télévision, justement, parlons-en. Chaque chaîne disposait d'invités
prestigieux. des astronomes, des astrophysiciens,
et des passionnés convaincus et convaincants. Et pour mener cette grande
saga solaire, les sempiternels présentateurs vedettes. C'était tout
simplement... consternant!
Est-ce
que les animaux ont besoin de mettre des lunettes pour voir l'éclipse fut
la question la plus posée. Non non, vous ne rêvez pas! j'ai entendu cela
sur toutes les chaînes! Demander cela à un gamin de 4 ans, histoire de
rigoler, je pourrai comprendre, mais poser la question à une
astrophysicienne renommée, au bien connu Hubert Reeves ou à tout autre
adulte qui se respecte tient du délire, voire de la farce grotesque!
"Oh! c'est merveilleux! Il fait tout nuit! vous voyez? il fait tout
nuit" fut aussi une aberration télévisuelle moult fois exprimée.
Mais bon: les présentateurs vedettes qu'on a, il faut bien les utiliser,
non? Ce serait trop dommage de les laisser au placard. Encore que...
Tandoori par-ci, embarras par-la
En principe j'ai une peau genre cuir
de Russie: à l'épreuve de toute agression extérieure. Même un bain dans une auge à
cochons ne saurait abîmer le grain de mon épiderme. Jusqu'à ce début de semaine! Un
petit plat préparé avec amour et épicé délicatement à la poudre de tandoori
à eu
raison de mon enveloppe charnelle. Et me voilà recouverte de plaques rouge vermillon et
de bosses pas trop esthétiques: l'allergie m'a frappée lâchement. Maintenant, j'ai les
jambes façon tortue ninja et le dos de John Merrik. A peu de chose près! En cadeau
bonus, une cheville me torture, ce qui me fait boitiller. Je vous laisse imaginer la tête
des enfants qui me croisent quand je vais promener mon molossounet de kiki à moi
(traduisez "mon chien"). C'est tout juste s'il ne me demandent pas des nouvelles
d'Esméralda! Mais un traitement radical est en train de fusiller les effets de cette
allergie fulgurante. Vivent les bienfaits de la médecine!
Sinon, dans
l'ensemble, tout va bien. Ce soir il pleut à grosses gouttes, ce qui fait que le concert
en plein air de Johnny Hallyday est salement perturbé, même carrément
renvoyé aux calendes grecques. Les guinguettes installées sur
les quais de Genève vont devoir affronter le temps maussade, le spectacle de la fête des
vignerons est carrément reporté à demain et, justement demain, m'est avis qu'il nous
faudra admirer les feux d'artifice des fêtes de Genève sous un parapluie! Car en Suisse,
les orages durent en moyenne 15 jours! J'exagère, mais à peine! Dommage pour tous les
besogneux qui ont travailler dur pour installer, préparer et peaufiner toutes ces
manifestations diverses. Mais grâce au ciel, on ne peut pas encore commander du beau
temps moyennant finance: ça créerait une sacrée gabegie, vous ne croyez pas?
La fête des vignerons 1999
J'ai tout vu, tout lu, tout entendu à propos de la fête des
vignerons, cuvée 1999.Les prémisses télévisuels laissaient à penser que la fête ne
serait qu'une succession de notes tarabiscotées et résolument modernes, façon grunge
post-punk. Pour moi, la fête des vignerons, c'est un ranz des vaches, des rondes de
vaudois en costumes et de la belle musique. C'est donc la mort dans l'âme que je me suis
rendue hier soir à Vevey pour assister à la représentation. J'espérais secrètement
qu'un badaud m'accoste "chère petite madame, je vois que vous avez un billet; me
ferrez-vous l'honneur de me le revendre et vous a t'on déjà dit de vous ressemblez à
Ornella Mutti. En mieux?" Mais de badaud, nenni! Et c'est tant mieux car ce qui s'est
déroulé sous mes yeux hier soir faisait partie d'un rêve éveillé. Une cascade de
couleurs, un florilège de costumes, tantôt modernes, tantôt traditionnels, une
déferlante de participants qui ont travaillé des mois pour parvenir à cette perfection.
Certes, quelques anges ont passé sur les gradins lorsque la musique devenait trop...
moderne. Mais c'était pour reprendre la farandole de plus belle, jusqu'à l'apothéose
d'un final étourdissant. Imaginez une scène où plusieurs milliers de personnes se
donnent la main et dansent, chantent ou étalent simplement les couleurs de leur costume.
Alors, si vous lisez prochainement dans vos journaux que la fêtes des vignerons 1999 est
une daube, pliez le journal, froissez-le et servez-vous en pour allumer le barbecue. Car
moi j'ai vu et je peux vous le confirmer sans ambages:
La fêtes des vignerons 1999 est une réussite, à tout point de vue!
Vous pourrez voir ici
quelques photos de la fête, prises avec mon Minolta. Pas du 18 carats, mais suffisamment
belles pour vous faire une idée!
Quand la c... n'a pas de limites!
Alors là, pas de rigolade. Mon quotidien m'apprend qu'une
famille de touristes de passage à Genève a décidé d'aller se baguenauder sur les quais
et de musarder dans les boutiques helvètes. Seule ombre au tableau: un grand chien golden
retrievers les empêchaient de glandouiller en rond dans la cité de Calvin. Qu'à cela ne
tienne, les gueux ouvrent le coffre de la voiture, ordonnent au chien de s'y engouffrer,
referment le coffre et partent à l'aventure. C'était compter sans le soleil tapant qui
était aussi de la partie. Ce qui devait arriver arriva: le chien est mort asphyxié. Par
le manque d'air. Par la chaleur étouffante. Genève est très stricte quant aux mauvais
traitements infligés aux animaux. Les bourreaux risquent une amende jusqu'à 20'000
francs et une peine d'emprisonnement avec sursis. Et c'est là que je ne suis pas
d'accord. Car si ces gens sont assez cons pour mettre un chien dans le coffre d'une
voiture en plein soleil au mois de juillet, ils sont également capables de pire que ça.
Et je trouve qu'une peine de prison ferme, assortie d'une amende plus que
salée serait la moindre des choses. Et bien entendu, interdiction de posséder un animal
à l'avenir. Ne serait-ce que pour la mémoire de ce brave chien qui a cru jusqu'à son
dernier souffle que ses maîtres avaient fait ça pour son bien. Il y a des lames de
guillotines qui sont tombées pour moins que ça!
Quand la connerie humaine se met à porter préjudice au bien-être des animaux, cela me
met hors de moi et je tenais à vous conter ce fait divers.
Easyjet stream
EasyJet est une petite compagnie d'aviation. Qui promet de nous offrir des vols pour Nice, Barcelone ou Amsterdam, en partance de Genève, pour la modique somme de 79 francs suisses. Et moi d'applaudir de toutes mes pesetas. Mais c'était compter sans Swissair, la compagnie suisse qui mets les bâtons dans les réacteurs de tous les importuns qui oseraient proposer des voyages moins chers qu'elle! Et comme elle dispose du monopole jusqu'en 2008, elle ne va pas se gêner, la bougresse! Donc, EasyJet n'aura pas le droit de nous emmener à Barcelone, puisque Swissair offre déjà ce service. Ce serait trop bête qu'elle perde des clients, pas vrai? Seulement, les clients, c'est vous et moi, et l'idée de payer 4, 5 voire 6 fois plus cher mon aller retour Genève Barcelone ne me réjouit que très modestement! Et EasyJet de monter aux créneaux en publiant une annonce pleine page: "...les 10000 passagers otages de Swissair..." "...Si Swissair nous empêche de voler directement vers Barcelone, nous ferons transiter nos passagers vers Londres..." Et en plus, ils promettent de rembourser ceux qui ne veulent plus voyager dans ces conditions. Alors moi, je leur tire mon chapeau. C'est David qui s'attaque à Goliath et ça, ça me plait bien. Il faut dire que Swissair commence légèrement à nous chauffer les oreilles avec ses exigences d'enfant gâté. Eux qui prétendent être la meilleure compagnie, je vous assure que mon dernier vol Genève New York et le même en sens rebours ne m'ont pas laissé de souvenirs impérissables, loin de là! Avoir le monopole n'implique pas forcément de s'endormir sur ses lauriers, ni de vivre sur ses gloires passées! Et chez Swissair, les vols les plus fréquents ne se passent pas forcément en l'air, si vous voyez ce que je veux dire. $$$
Bisous à toutes et à tous et à bientôt sur cet édito !