Somat dose 3 en 1

Faire la vaisselle, aujourd'hui, c'est dépassé. A l'heure actuelle, on fourgue tout dans la machine, on jette négligemment une pastille dans le petit boîtier prévu pour, on claque la porte, on presse le bouton et en voiture Simone: la vaisselle se lave toute seule. Enfin presque. Ce tableau idyllique, c'est juste pour les futées qui ont acheté le nouveau Somat dose 3 en 1. Les autres, elles, doivent verser la poudre dans le boîtier, ouvrir le capuchon et verser le liquide de rinçage dans le petit compartiment et ensuite plonger dans la cuve de la machine pour verser le sel régénérant dans la petite cuve prévue à cet effet et située généralement tout au fond à gauche, juste derrière le bras de lavage et juste en dessous d'un élément contondant (un lumbago et un morceau de cuir chevelu en moins à chaque remplissage de sel régénérant).
Donc la scène se situe dans un appartement high-tech (comme quasiment toutes les pubs citées dans cet édito, ma parole!). Un homme, ma foi fort joli, rentre du travail et trouve la table mise pour un repas d'amoureux. J'ignore quel boulot fait ce bel homme, mais ce doit être drôlement intéressant: 1° financièrement: le loyer de l'appart doit coûter bonbon au vu de sa superficie et de la vue qu'il offre et les fringues que porte l'homme ne sortent manifestement pas de chez Emaüs. 2° Pas harassant: il rentre du travail coiffé comme s'il sortait de chez Alexandre, sans un seul faux-pli sur le costume Valentino, pas trace d'une ombre sur la cravate Lanvin, pas un cerne ni une marque de fatigue sur son visage fraîchement esthéticiennisé. Bref: un labeur de rêve! Dans la vraie vie, un homme sapé comme ça ne rentre pas du travail: il va à un mariage ou une bar-mitsva et a passé la matinée à gonfler bobonne pour savoir "oukelson mes chaussettes, outami mon pantalon bleu, kesstafait de mes chaussures noires qui brillent, jaipamis trop de gel, là? kestufou t'es pas encore prête?". Mais bon: là, il s'agit de publicité alors ne chipotons pas.
Il s'approche de la table et prend un verre pour le regarder en transparence. Wouaw! Keski brille, ce verre. Aurais-je oublié un truc? Entendant sa femme arriver, il s'empresse de saisir une tulipe (les tulipes, ça fait Zen) dans un vase immaculé et la tend illico à sa dulcinée en lui souhaitant un "joyeux anniversaire de mariage". Et la dulcinée en question de sourire en ajoutant: "mais enfin, mon chéri: aujourd'hui, c'est TON anniversaire"! Happy end. Elle est jolie, cette pub, non? Je trouve juste curieux qu'un verre bien brillant lui fasse penser à un anniversaire. Le reste de l'année, ils sirotent du carré de vigne dans des verres à moutarde?

Mascara

Depuis le temps que je vous parle de moi, vous devez maintenant savoir que j'ai le cil rarissime et rachitique. Chanel, Dior et Saint-Laurent ont tous tenté en vain d'épaissir la frange de mes cils afin de me donner un regard mutin, malicieux voire simplement "normal". Aussi, en voyant la dernière publicité de Gemey, un espoir a jailli comme un bouchon de champagne: leur dernier mascara va me faire de cils de diva. D'ailleurs, on le voir bien à la télé: la fille qui met le dernier mascara Gemey a des cils grands comme ça, épais comme ça et en plus, ça ne fait pas pattes de mouche. "Chouette" me dis-je! Il faut que je l'essaye immédiatement, car je pourrai........ Une petit minute! Regardons cette pub d'un peu plus près, voulez-vous (traduisez ça par "image par image" grâce à la magie du magnétoscope). M'enfin! C'est des faux cils qu'elle a! Ô rage! Ô désespoir! Ô publicité ennemie! C'est trop facile: moi aussi, si je me colle des faux cils, j'aurais des cils de Diva et un regard mutin. Oui, enfin ça, c'est moins sûr: un tube de colle à chaque oeil pour arriver à placer les faux-cils vaguement sur la paupière et une frange de cils qui frôle les sourcils à chaque clignement. En fait de regard mutin, la pose de faux-cils me donne plutôt un regard de marsupial ou de Pokemon. Alors imaginez le travail si, en plus, je maquillais tout ça avec le mascara Gemey!

Danao, c'est bon comme tout

Ils ont beau faire et dire, les publicitaire nous roulent dans la farine. Seulement les publicitaires? Parfois, les fabricants s'y mettent aussi. Ainsi, Danone a réinventé la boisson jeune. Avant, pour être dans le coup, il fallait boire du lait en se trémoussant comme une anguille ou avaler goulûment du jus de fruit en ne manquant pas de se baver dessus pour faire "frais". Mais après mûre réflexion, ils se sont rendu compte que le lait, c'est suranné et que le jus de fruit, c'est acide. Sisisi! C'est la publicité qui me l'a appris, alors! Mais malin comme tout, les fabricants et les publicitaires ont organisé une table ronde où les discussions allaient bon train: "puisque le lait c'est gnougnou et que le jus de fruit c'est brrrrr, pourquoi ne pas mélanger les deux dans une même bouteille?" Du coup, tout le monde va se jeter sur ce produit révolutionnaire. Du jus de fruit pas acide ou du lait ou goût de fruit, quelle trouvaille! Et dire que dans ma jeunesse, je buvais bêtement des laits fraise sans me douter que mon breuvage pouvait me rendre millionnaire. Le seul Hic, c'est qu'il faut aimer le lait orange ou le lait pomme, mais pour faire jeune, on avalerait n'importe quoi, pas vrai? Même des couleuvres, c'est vous dire!

Peace and Yop

Bon, ben, vous me connaissez, depuis le temps. Une personne gentille et avenante, qui ne vois le mal nulle part et qui adore les publicités intelligentes et créatives. Comme celles concoctées avec tendresse pour nos bambins, par exemple. Prenons le Yop, pour ne citer que lui. Voilà une boisson Teen-agers délicieuse, fabriquée avec du bon lait, des bons fruits et des tas de bonnes choses (édulcorant, colorants et tout et tout!) Avant, pour nous vanter les produits laitiers, ils (les publicitaires) nous le proposaient à la sauce sexe. Parce que le lait, c'est sexuel, tout le monde le sait, voyons. Mais à l'époque du sida, il a fallu trouver une parade. Difficile challenge. Mais les publicitaires n'en sont pas à leur coup d'essai. 
Ce n'est certainement pas une petite maladie de rien du tout qui va les arrêter. Alors ils se sont mis à plusieurs pour plancher sur l'épineux problème, à savoir "comment parler de sexe sans inciter la jeunesse dorée à copuler bêtement sans préservatif. Et ils ont trouvé! Le sexe, ça sert à la galipette, certes, mais ont l'utilise aussi, de temps en temps pour uriner. La fonction n'est pas la même, mais elle a le mérite de tourner autour du zizi. Donc, pour vanter les qualités incontestables du Yop, ils nous octroient un jeune homme en train d'uriner, sifflotant joyeusement, avec une bouteille de Yop sur la tête. Tout ça pour l'entendre dire texto: "on ne prête pas sont yop quand on est en train de pisser.... même à son meilleur ami." Côté partage, Yop n'est pas très fort! Et le meilleur ami en question d'opiner du chef, en se disant certainement que son Yop, il peut bien se le garder, vu qu'il doit avoir un goût pas clair. N'est-ce pas raffiné, tout ça? A quand le bronze pour vanter les petits beurres, les menstrues pour un réveil-matin et la morve pour un yogourt vanille? Je me demande si dans l'usine Yop, les manutentionnaires se lavent les mains après être aller se soulager.

Shower Power

Il y a nous. Et puis il y a les autres; ces chanceuses qui ont eu la bonne idée d'acheter le nouveau gel douche Nivéa. Parce que nous, nous sommes des sottes. Nous prenons des douches rien que pour nous laver. Les autres, les avisées, ont un épiderme plus doux après chaque douche, grâce à leur merveilleux gel Nivéa. Du reste, dans la pub, ils nous le prouvent: la dame sort dégoulinante de sa douche, son copain (ou son mari?!) lui demande s'il peut, lui aussi, prendre une petite douche et la dame, pour toute réponse, retourne se prendre une petite douche, pour le plaisir de se retrouver avec un épiderme plus doux qu'avant la douche qu'elle vient de prendre. C'est le serpent qui se mord la queue, cette histoire.

Moi je pense que si la peau est effectivement plus douce après chaque douche, il peut y avoir plusieurs raisons à cela:
Soit le gel Nivéa recouvre la peau d'un voile imperceptible. La peau est donc effectivement plus douce, mais encombrée de produit. Une seconde douche rajoutera du produit par-dessus... et ainsi de suite. On est douce, mais pas vraiment proprette.
Soit le gel Nivéa débarrasse la peau des cellules mortes, voire des cellules mourantes. La peau est effectivement plus douce, mais perd à chaque douche un peu de matière, donc s'affine, donc s'affaiblit. On est douce, mais on est pelée. Et pas vraiment proprette non plus! Alors qu'avec un bon gel douche tout simple et un lait pour le corps, on se retrouve toute propre, douce comme une peau d'abricot du Valais, notre porte-monnaie n'aura pas souffert de ce traitement de beauté et une seule douche aura suffit à remplir son office. A savoir: se laver. Pas sorcier, mais effectif. Encore que, côté dépenses, Nivéa n'est pas ruineux. C'est déjà ça!

Mais il est bon de savoir également que Nivéa fabrique un déodorant exceptionnel: efficace durant 48 heures (c'est Nivéa qui le dit, alors!) Et pour imager ce produit merveilleux, l'on nous montre une femme qui téléphone à son mari (ou son copain!) à la fin d'une harassante  journée de travail et lui annonce, fière comme Artaban, "Je me sent fraîche comme après une bonne douche; viens vite me chercher!". Ca sent le resto ou la galipette, ce coup de téléphone, mais là n'est pas mon propos: Nivéa fabrique des gels douche que l'on utilise 4 fois de suite et des déodorant que l'on applique 3 fois par semaine, tant ils sont efficaces. Donc, nous entrons dans l'ère de la nouvelle propreté: six ou sept douches le lundi matin, une petit peu de déodorant les mardi, jeudi, samedi et le dimanche, on laisse reposer (les dimanche cracra, ça peut-être rigolo). Ajouté à cela des lingettes démaquillantes, des shampooings anti-pollution et des crèmes de nuit drôlement rajeunissantes, on est loin, très loin, bien bien loin de la fameuse boîte bleue qui a fait le tour du monde et dont Marilyn Monroe se tartinait généreusement les chairs. Au fait, Marilyn, elle sentait le phacochère à ne prendre qu'une douche le matin, un bain le soir et en utilisant du déodorant une fois par jour?

 

Campagne présidentielle

La France vit en ce moment sa campagne présidentielle. Les candidats au poste le plus convoité de l'hexagone se pressent aux micros des conférences de presse et des meetings pour dévoiler leur projets, leurs rêves, leurs "qu'est-ce que je ferai pour la France lorsque je serai président".
Jacques Chirac, actuel président, n'y déroge pas. Lui aussi il a des rêves et des projets pour la France. Notamment un projet "impunité zéro" pour ceux qui auraient l'outrecuidance d'être violents. L'insécurité qui règne en France en ce moment est du pain béni pour les candidats. Pensez donc! Chacun promet que, lorsqu'il sera vissé au poste présidentiel, il enverra toute cette racaille en prison, de manière à ce que les bons votants puissent déambuler en toute quiétude dans les cités.

Seulement, là où le bât blesse, c'est que Monsieur Chirac est président depuis 7 ans et que jusqu'alors, rien de significatif n'a été fait en ce domaine. Pourquoi promet-il de faire ceci ou cela alors qu'il aurait eu tout le temps nécessaire de le faire durant toutes ces longues années de présidence? Pourquoi promettre la douceur de vivre aux français alors que, pour des raisons de grâce présidentielle, des criminels seront remis en liberté. Pourquoi s'engager dans des voies .. alors que chacun sait qu'aucune promesse émise ne sera tenue. Lorsque l'on assiste à ces débats politiques, on a vraiment l'impression d'être spectateur d'une bagarre entre petits garçons. C'est à çui-ki dit le plus mieux bien projet k'aura le fauteuil de président. Navrant.

La recette c'est Findus

Je vais vous narrer ici une publicité que je soupçonne de ne passer que sur les chaînes suisses, tant elle est... heu.. comment dire... suisse. Voici ce petit bijou. Un jeune homme, ma fois fort joli, cuisine amoureusement de délicieux petits légumes sautés. La cuisine, noire et très High Teck, reluit de propreté. On suppute déjà qu'au menu de ce soir, il y aura des petits légumes sautés et basta, étant donné qu'aucun morceau de viande ne vient souiller le décor étincelant des lieux. Mais on perçoit déjà la bonne odeur subtile des petits légumes: on va se régaler! En catimini, doucement, discrètement (je serai tentée de dire "la queue entre les jambes"), sa compagne arrive derrière le joli jeune homme et, fort gênée, l'interpelle: "Max! Oh Max! Je dois te parler." Max, en ce moment, n'en a cure: il doit surveiller la cuisson de ses petits légumes. "Tu m'entends, renchérit la créature? Il y a quelqu'un d'autre. Tu comprends? Et Joli Max de dire "voui, je comprends". "Mais Max! renchérit-elle agacée (il est bouché ou quoi?!). Je vais te quitter. Et à ce moment précis, les petits légumes sont justes cuits. "Quoi? Avant le dîner? avance timidement Joli Max. "Non, après le dîner!".

Pauvre Joli Max. De corvée de cuisine, il apprend d'un coup d'un seul qu' il va se retrouver tout seul comme un pauvre hère, que sa copine ne restait avec lui que pour sa façon de cuisiner les petits légumes surgelés et qu'en plus, si ça se trouve, il est cocu depuis belle lurette. La vie est parfois cruelle, mais la recette c'est Findus, que voulez-vous que j'ajoute à cela!

Parlons épicène

Ce soir (21/01/2002) mon journal TV m'annonce que les fonctionnaires romands et romandes ont reçu un guide de la langue épicène. Maintenant on ne dit plus Auteur pour une femme qui écrit des livres, mais Autrice. On ne dit plus Les Droits de l'Homme, mais les Droits de la Personne Humaine. On ne doit plus écrire Contrôle des Habitants, mais Contrôle des Habitant-e-s. Ce guide a été rédigé par l'écrivaine Thérèse Moreau, une autrice soucieuse du respect des femmes. Elle prétend que le langage est un outil et qu'avec cet outil, elle veut changer le monde, rien de moins, rien de plus. Plus, se serait de la démagogie; moins se serait comme avant. Voilà qui est intéressant et constructif. C'est les académicien-enne-s qui vont être content-e-s: tous ces mots nouveaux qu'ils-elles vont devoir ajouter dans leur joli dictionnaire! Et les marchand-e-s d'encre vont se frotter les mains. Avec toutes ces lettres et ces tirets supplémentaires à écrire, l'encre va couler à flot. Et les marchand-e-s de papier (plus de lettres à griffonner donc plus de papier utilisé; suivez un peu, bon sang!). Et les dentistes. Plus de mots à prononcer (mesdames, messieurs les cheffes et chefs de service...). Davantage de salive, donc plus de tartre donc plus de détartrages en perspective. La liste  peut s'avérer longue. Finalement, tout le monde y gagne dans cette affaire.

Jamais je n'aurai osé utiliser ce genre de mot de mon-ma propre chef-fe. Lorsque j'étais écolière, ma professeure n'aurait jamais toléré que j'utilise ce genre d'écriture épicène. Mais quelques questions me brûlent les lèvres. Par exemple, si j'apprends la langue de Shakespeare, j'apprends l'anglais ou l'anglaise? Et le féminin de potier, ça reste potière ou ça devient potiche? Et pourquoi une souris reste une souris, qu'elle fût mâle ou femelle? mMMhM? Thérèse Moreau ne se doute pas qu'elle enquiquine non seulement les hommes, ces vilains machos sexistes, mais aussi ses consœurs, les femmes, qui écrivent et parlent normalement, c'est à dire comme on leur a appris à l'école et comme leurs Mamans et leurs Papas leur ont enseigné. Du reste, pourquoi dit-on langue maternelle? Pourquoi ne pas dire langue paternelle? Pourquoi l'expression sage-homme ne passe t'elle pas la rampe? Trop ridicule? Et "Thérèse Moreau, tu nous casses les couilles" c'est suffisamment épicène? Dans épicène, il y a pisse et haine. Bon, il y a aussi épi, mais c'est masculin. Épice? Ah oui, c'est vrai. On va pas chipoter, quoi! Sinon, pourquoi ne pas également distinguer le singulier du pluriel, tant qu'on y est ?!

Messieurs, je vous plains. Sincèrement. Être un Homme, aujourd'hui, s'avère plus être un art subtil qu'un état de fait. Donnez l'égalité aux femmes et c'est une ribambelle de tarées emmerdeuses qui prennent les rennes du pouvoir en tapant du poing sur la table (quand ce n'est pas sur la gueule d'un macho!). Du coup, le travail des féministes raisonnables et intelligentes (si si, ça existe!) passe pour être un pugilat castrateur et avilissant. Mais ne perdez pas espoir: dans cette faune ovarienne vous avez encore quelques alliées. Des femmes qui aiment lorsque vous leur ouvrez la portière de la voiture, que vous leur allumiez leur cigarette, que vous régliez discrètement la note de restaurant, que vous la précédiez dans un escalier, que vous la complimentiez sur leur coiffure, que vous leur tiriez la chaise lorsqu'elles se lèvent de table. Des femmes qui ont envie de se faire belles pour vous, qui se parfument pour vous séduire, qui se manucure pour le cas ou vous leur embrasseriez la main, qui vous regardent avec douceur et ne voient pas en vous un ennemi de la cause féministe mais un cavalier attentif, un fier rocher où se réfugier en cas de tourmente, un compagnon, un ami et plus si affinité. Un Homme quoi. Et pour vous aider à reconnaître ces femmes de l'ombre, suivez ce conseil: demandez à une femme quels sont ses acteurs préférés. Si Lino Ventura ou Jean Gabin font partie de la liste, vous pouvez vous risquer l'aider à enfiler son manteau ou être simplement galant, sans craindre de vous prendre une baffe, un ricanement ou une insulte: Elle fait assurément partie de cette catégorie!

YSL, c'est fini

Je n'allais tout de même pas passer ça sous silence! Le maître absolu de la mode, le dernier bastion de la haute couture raccroche son tablier. Il en a assez d'évoluer dans un cirque. Selon lui les créateurs actuels font tout et n'importe quoi (surtout n'importe quoi!) au nom de la mode. Je vous l'ai déjà dit dans cet édito, mais là, ça se confirme: A cause de ces prétendus artistes, le seul à se soucier de la beauté de la femme ne créera plus rien. Il ne nous restera plus qu'à nous enfiler une plume dans le valseur et à couvrir nos avants de voile transparent pour déambuler dans les soirées chic. Autant se couvrir d'un Handy Bag, se sera plus élégant.

Vous allez nous manquer, Monsieur Yves Saint-Laurent. A nous, les femmes qui ont encore un peu de jugeote quant à la mode, mais aussi à beaucoup de Messieurs qui ont la mauvaise idée d'avoir bon goût. Certes nous avons encore Karl Lagerfeld qui officie pour Chanel, mais se ne sera plus pareil. Avant on pouvait se dire: "Si j'avais les moyens, j'irai chez Saint-Laurent et chez Chanel". Maintenant on se dira "Si je gagne à la loterie, j'irai chez Chanel". Fin du round.

Bonne et douce retraite bien méritée, Monsieur Saint-Laurent. Vous avez donné du bonheur et créé la beauté parfaite. Et ça, personne ne pourra vous le retirer. Nous le retirer! Merci Monsieur

Biberons salutaires  

Une fois de plus, je vais jouer à la veille peau qui râle tout le temps en claironnant que de mon temps, c'était bien mieux. Lorsque je sortais en boîte, pour danser ou me laisser compter fleurette, j'embarquais en douce des petites bouteilles de whisky que je planquais dans mon sac à main (mes sacs à main ont toujours ressemblé à des valises, rapport à leur taille plus que respectable). Je commandais 1 Coca qui me durait toute la soirée et que je m'empressais d'égayer avec un peu de whisky. Économique et délicieusement interdit. Et si d'aventure un besoin pressant se faisait sentir, je demandais à mon cavalier d'alors de me garder mon sac à main et "t'as pas intérêt à boire dans mon verre sinon tu vas la sentir passer". Et ledit cavalier de s'exécuter sans broncher. Je remontais des Wawas légère, mon verre était toujours aussi plein et mon sac bien calé entre les santiags d'un garçon ma foi fort gentil. Petite scène normale de la vie de tous les jours, quoi.

Mais aujourd'hui, il en va tout autrement. Mon mien quotidien m'apprend que dans certaines boîtes, les boissons sont servies dans des biberons. Attraction publicitaire? Marketing branché? Que nenni! 

Il s'agit tout simplement de protéger les jeunes des malveillants qui versent de la drogue dans les verres afin de profiter sexuellement de leur victime. Le produit en question est le GHB, appelé aussi "drogue du violeur". Sympa, non?
Sommes toutes, j'ai bien raison de prétendre que, de mon temps, c'était plus chouette! En couchaillant à droite et à gauche on risquait la blennorragie. Aujourd'hui, les jeunes risquent d'attraper le SIDA, donc une mort annoncée. Les verres doivent, comme les zizis, être recouverts pour ne pas présenter de danger. Je trouve cela fort triste et ahurissant. Et je suis navrée pour cette jeunesse qui ne connaît pas les sorties en toute insouciance. On se croirait vraiment dans un film de Mad Max ou il faut se battre en permanence pour sa survie. Triste, tout ça!

Pipizigounet

Et voila qu'il faut remettre la compresse. Un cadeau pour celui-là, un autre pour celui-ci et encore un pour le troisième... Je parle là des enfants de mon entourage. En ce qui concerne les adultes, pas trop de problème. Comme on les cerne mieux, on connaît mieux leurs désirs, leurs besoins et on achète comme chaque année la sempiternelle boîte de chocolat ringarde ou les sels de bain jaune pisseux ou bleu pétrole, à l'odeur discutable et dont on connaît déjà le sort qui leur sera réservé: poubelle. Mais pour les enfants, la chose se corse, se pimente d'incertitude, se voile de doutes abscons. Un enfant, ça grandit et ses désirs changent. Toutes ces dernières années, les boîtes de pâte à modeler ou autres Legos système me sauvaient la mise. Mais maintenant, tous les enfants que je connais sont parvenus à un âge bête. Entendez par là: Keske-je-pourrais-bien acheter-à c'te-galapiat-là?!

Et comme, depuis le temps, vous me connaissez, j'ai longuement scruté les publicités télévisées pour me faire une idée de ce qui plaît en ce moment à la jeunesse dorée, pourrie-gâtée. Sachant d'entrée que je mets systématiquement un veto à tout jouet ressemblant de près ou de loin à une arme. Ce qui n'est pas pour me faciliter la tache. Manifestement, les jouets dans le vent n'ont rien des poupées, des dînettes ou des crayons de cire de mon enfance. Apparemment, les garçons adorent les jeux où il faut dégommer un max d'ennemis, muni d'armes aussi diverses que douteuses. On ne fait plus dans la dentelle mais dans le camouflage, façon surplus de l'armée.

Pour les filles, pas de tralalas: les poupées sont toujours d'actualité, mais là aussi, il y a de l'innovation. De mon temps, les poupées avaient des cheveux, fermaient les yeux quand on la couchait et basta! les plus chanceuses avaient même des poupées qui faisaient pipi après avoir bu leur biberon de lait (enfin, d'eau du robinet), ce qui ravissait la fillette et crispait joyeusement sa mère ("pourrais-tu éviter de faire pisser ton baigneur sur le coussin du salon, s'te plaît?").
Mais un détail noircissait ce bucolique tableau: Les fillettes n'étaient pas dupes, moi itou: "A fait pipi, voui, mais A pas de zizi". Les poupées d'alors étaient bêtement asexuées. Même ma nichonneuse Barbie dut se contenter d'un Ken à l'entrejambe chimérique. Mais aujourd'hui, cette lacune est bel est bien balayée. Les poupées actuelles ont ce qu'il faut, là où il faut et c'est la publicité qui me l'apprend. Un nouveau baigneur, appelé Pipizigounet (ça ne s'invente pas) va inonder -si j'ose m'exprimer ainsi- le marché du jouet. Et pour le faire uriner, la fictive, nonobstant attentive petite Maman doit saisir le petit pissou de sa poupée et le soulever pour que son poupon puisse uriner à son aise (photo
ici).

Je sais que je suis un tantinet rétrograde, qu'à l'école, les enfants apprennent la sexualité avant même d'étudier la grammaire, mais une poupée qu'il faut tripoter pour que jaillisse un liquide, ça me turlupine un chouia. Je crois que je vais abandonner l'idée de la poupée et me rabattre sur une mallette d'infirmière. Tant qu'à tripoter des zizis.......
 

Boo...hou... ouille 

Adorable enfant que voilà! (eh oui: encore une histoire de bambin). Les fêtes d'Hallowiiiin approchant, les publicités se mettent au goût du jour en fantômisant les produits destinés à nos descendances. Cette publicité vante un produit fromager, présenté sous forme de sucette: KIDIBOO. Un garçon regarde la télé dans une ambiance hallowiiiin. Hurlements, lumière blafarde, orage en toile de fond, et tout et tout. La Maman, en voix off, crie (pour surpasser le son de la télé qui beugle à tue tête) que "si tu as faim, il y a du fromage dans le frigo!". Le délicieux bambin se lève machinalement (merci, ça il le dira plus tard, un autre jour, le mois prochain, voire jamais) et se dirige comme un robot vers le frigo.

Et là, malédiction! Un fantôme horrible lui barre le passage en se tenant devant la porte du réfrigérateur (qui contient, je le rappelle, les précieux Kidiboo). Sans se démonter, sans montrer le moindre émoi, sans même un froncement de sourcil, le gamin envoie un puissant coup de pied dans les gonades du fantôme gênant. En clair, il lui balance son pied dans les couilles. Et, fier et hautain, il déclame au fantôme blessé dans son fondement, tout en ingurgitant un Kidiboo: "Des comme toi, j'en mange 4 par jour, si je veux!".
N'est-ce pas ravissant et poétique? Voila une merveille télévisuelle qui nous démontre que les enfants ont de la répartie, du savoir-faire et de l'audace. Et chaussé de Nike ou d'Adidas, il peut aisément se défendre et se faire respecter: Grâce à ce spot, il sait exactement frapper pour rendre coopératif l'arrogant qui oserait se mettre sur son chemin. Désormais, plus de danger qu'on ne lui pique ses Kidiboo. Aujourd'hui un fantôme devant le frigo, demain un petit camarade dans la cour de récré et dans 5 ans, son propre père qui lui refusera une rallonge d'argent de poche (les pétards, les mousses et les virées avec les copains, c'est nettement plus cher que les Kidiboo, encore que, pour les copains, il n'en aura pas beaucoup s'il les reçoit à coup de lattes dans les valseuses!). Mais dans l'immédiat, pas de quoi s'inquiéter: il a un papa qui gagne plein de sous que la Maman va dépenser en idioties (Sucettes Pokémon, Vittel fraise au prix du champagne millésimé et, bien entendu, les fameux Kidiboo, goûteux comme du plâtre, chers comme le caviar, mais efficaces comme Bruce Lee).

A la peur des attentats, à la psychose de l'Anthrax, à la hantise de la vache folle ou de la salmonellose vient s'ajouter l'angoisse des bambins élevés aux Kidiboo. C'est pas beau, la vie?
Alors, si vous êtes maligne, boycottez les Kidiboo. Les fromages frais sans bâton de sucette sont tout aussi bons, nettement moins chers et moins dangereux pour les testicules environnants. Ce qui n'est pas négligeable. (la preuve en gif animé ICI)

Urgences 

Non, je ne vous parle pas de la série télé où l'on voit tout plein de médecins qui courent en tous sens pour soigner au plus vite les patients qui arrivent à la pelle dans leur service. A peine a t'il franchi le seuil de l'hosto que le blessé est pris en charge par une armada de blouses blanches besogneuses, rapides, efficaces. Moi je vous parle de ma petite visite aux urgences. Une petite injection apparemment anodine a déclenché en moi une allergie carabinée. Plaques rouges sur tout le corps, mains et pieds endoloris, lèvres gonflées façon escalopes: la totale. C'est donc aux urgences que j'ai confié mes douleurs et mes boursouflures. Avant de tenter quoi que ce soit, il me fut demandé d'aller donner mon pedigree à l'infirmière de service. Je lui indique donc que je suis là suite à une grosse allergie qui me paralyse et me fait souffrir. Et l'infirmière de me poser les questions d'usage, qu'elle lit à mesure sur la feuille posée devant elle. 

- "Avez-vous vos règles, prenez-vous la pilule, êtes-vous ménopausée, avez-vous des enfants (si je dis oui, mon allergie sera mieux soignée?), êtes-vous allergique à un produit? ..................... "
Authentique! J'étais devant elle, bouffie de partout, rouge comme un cul de singe, les mains crispées de douleur à cause de mon allergie et l'autre tache qui me demande si je suis allergique! Et dire qu'on la paie à la fin du mois! 
- "Asseyez-vous là et attendez un moment"

Et j'attends, en me remémorant les épisodes de la série télé. 20 minutes, 30, 40.... Une heure d'attente avant qu'un médecin ne m'ausculte et me fasse une perfusion salvatrice qui calme les démangeaisons. 
J'ai dû me rendre 3 fois aux urgences à cause de cette allergie et à chaque fois, ce fut le même topo. Maintenant, je ne sais plus si la série Urgences est un feuilleton haletant et passionnant ou une publicité mensongère. Bah, le principal, c'est que maintenant je suis guérie, merci. J'espère juste ne jamais avoir besoin de soins d'urgence vraiment urgents, car là, je ne donnerai pas cher de ma peau!

 

Allô macho bobo... 

Je vous ai déjà parlé, dans cet édito, de l'émission "C'est mon choix", animé par la charmante Évelyne Thomas (que j'adore et à qui j'envoie une pluie de pétales de rose pour la naissance de sa fille). Le sujet du jour était : "Mes enfants sont des machos". Et là, les filles, ça ne rigole pas! Deux mères, qui manifestement n'ont RIEN compris des leçons de la Vie, arrivent sur le plateau, flanquées de leurs bambins respectifs, à savoir un petit merdeux de 12 ans et un irritant mouflet de 14 ans. Qui se vantent, l'air conquérant, d'être machos, d'être fiers de ne rien foutre à la maison, que les tâches ménagères sont le lot des femmes tandis que celui des hommes était de ramener l'argent à la maison. Et patati et patalère, patin couffin et tout le bataclan.

Comme si, à 12 et 14 ans, ces deux feignasses ramenaient le moindre écu à la maison pour payer le jambon-purée ou le gigot flageolets du dimanche. Ils ont déjà de la peine à ramener de bonnes notes de l'école, alors imaginez: un salaire! Mais admettons qu'il ne s'agisse là que d'un passage à vide, un caprice d'enfant.....Mouais! Les mères, elles, n'en sont plus à l'âge bête: Elles sont adultes, non? Et responsable, qui plus est. Comment des femmes dignes de ce nom peuvent-elles éduquer leurs enfants de cette manière?! Avec moi, ce serait vite expédié. Plus de ménage dans sa chambre, plus de linge lavé et repassé, plus de petits plats pour le sustenter: il ne résisterait pas longtemps à ce petit régime et se mettrait à la tâche vite fait, croyez-moi! Sévère, mais juste.
Puis arrivent, sur le même plateau, deux autres mères, normales, celles-là, accompagnées de leurs enfants qui aident à la maison et qui, curieusement, sont bien plus beaux que les deux premiers abrutis. Étrange, non? Et enfin, cerise sur le gâteau, pompon de pomponnette, vient une autre mère, suivie de son grand fils de 19 ans. Non seulement le gamin est fier d'être macho, mais sa mère, en plus, est ravie de cet état de fait et se vante que ses trois fils sont du même tabac. Et que son mari n'est pas du genre Cosette non plus! A son arrivée sur le plateau, Évelyne Thomas nous l'a présentée ainsi "Et voici Madeleine (j'ai oublié son vrai nom), enquêtrice téléphonique, et son fils Jean-Machin, macho et ......". Donc la Madeleine en question a vraiment tiré  le gros lot: entourée de 4 machos purs et durs, elle doit quand même bosser pour se faire un peu de pognon. Et les machos, ils la mettent où la paie qu'ils gagnent à la sueur de leur front viril? M'est avis que Madeleine se fait rouler dans la farine à tour de bras musclés. On ne sait plus si c'est du courage, de la faiblesse ou de la bêtise! 

 

Exit Swissair 

C'est arrivé. On s'en doutait depuis pas mal de temps, mais aujourd'hui, c'est chose faite: Swissair met la clef sous la porte, porte derrière laquelle des milliers d'employés vont se trouver prochainement. Je n'ai jamais caché mon animosité face à notre compagnie nationale, mais de là à lui souhaiter la disparition totale, il y a un pas! Swissair, depuis bien longtemps, se reposait sur des lauriers gagnés par des hommes et des femmes de bonne volonté. Des hommes et des femmes qui, pour la plupart, ne sont plus là pour constater cet échec cuisant. Swissair fut longtemps l'archétype de LA compagnie aérienne de qualité. Service soigné, accueil personnalisé, bref, le nec plus ultra. Chic! me suis-je dit, lorsque je gagnai deux billets Genève-New-york lors d'un concours. Voler vers les States à bord d'un avion Swissair, ça risque de valoir son pesant de cacahuètes! Mon exaltation tomba comme un soufflé lorsque j'eus l'outrecuidance de demander un verre d'eau au steward de service! A croire qu'il savait que je n'avais pas payé les billets! Il m'a regardée comme une merde et mon verre d'eau, j'ai bien cru me le prendre en pleine poire.
Mais bon! Je ne vais pas juger une compagnie aérienne sur un simple incident de steward débile et arrogant. 

Amusant, par contre, les propos tenus par Philippe Bruggisser il y a quelques mois: "Les alliances entre compagnies sont l’avenir du transport aérien. A long terme, il y aura des fusions et certaines compagnies disparaîtront. (...) En 2010, 70% du marché mondial appartiendra aux vingt plus grandes compagnies." C'était à Montreux, lors d'un débat sur SWA, une compagnie aérienne naissante, aussitôt mise au rebut. Philippe Bruggisser était alors président de la direction de SAir Group comprenant Swissair et Crossair. Et d'ajouter "...Je n’investirai toutefois pas d’argent dans cette compagnie. Et cela même si j’en avais trop." Tant va la cruche à l'eau .... n'est-ce pas?

Mais alors, que dire de ces fameux monopoles dont Swissair abusait copieusement? En tant que compagnie nationale, elle avait un droit de regard sur tout ce qui atterrissait ou décollait du sol helvétique. Et lorsqu'elle décida que Genève n'était plus assez bien pour héberger des vols sur New-York, nul n'eut son mot à dire. Si vous vouliez voler Swissair, vous deviez impérativement partir de Zurich. Pratique pour les hommes d'affaires pressés. D'ailleurs, Zurich transforme son aéroport et l'appelle modestement "UNIQUE". Et Genève Cointrin, c'est du pipeau, de la roupille de sansonnet, un terrain de jeu pour pilotes pré pubères? Sauf que maintenant, Swissair fait mine basse: Endettée jusqu'au réacteur, elle n'honorera pas ses contrats. Elle ne paiera pas ses dettes, les actionnaires ne toucheront pas un sou de leurs actions et les employés passeront Noël à scruter les petites annonces. Et dans la débâcle, Sabena doit se démener pour sortir la tête de l'eau. Ce qui me turlupine, c'est que les Belges vont prendre tous les Suisses pour des mauvais payeurs. Et une petite idée me vient soudain à l'esprit. La Suisse a récemment décider de vendre une grosse partie de son or pour... elle ne sait pas encore trop quoi faire avec les sous. Et si elle en donnait une partie à Sabena et aux autres compagnies que Swissair a attiré dans le fond avec elle? Que l'État ne veuille plus financer les conneries de Swissair, ça je peux le comprendre, mais est-ce une raison pour laisser couler les autres? Un bon geste, Madame et Messieurs les conseillers fédéraux. De toute façon, cet argent, vous allez l'utiliser, alors autant que ce soit pour une cause bonne et désintéressée. Il en restera toujours assez pour vos petits projets et, au moins, aurons-nous la satisfaction de se dire que nos conneries, on les assume, sans faire payer ceux qui n'y sont pour rien.

On m'a vu ce que vous êtes... 

... vous serez ce que je suis! L'histoire se passe chez le coiffeur. Mon mien mari attend patiemment son tour tandis qu'un quidam reçoit le coup de pinceau final, celui qui le débarrasse des petits cheveux nichés dans la nuque. Ses deux enfants l'attendent paisiblement, assis sur des chaises. (Ca, c'est pour l'image d'Épinal: en fait, ils gigotent et agacent toute l'assemblée, mais bon!)
Vient à tintinnabuler un Natel. La petite sonnerie, bien caractéristique de ces engins de malheur, insiste. Chaque adulte présent est dévisagé gravement. ("Y va répondre ou quoi!") lorsqu'à la surprise générale, c'est l'un des petits garçons qui extirpe le portable de sa poche pour répondre que "- chuis au coiffeur avec mon père". Et le bambin de boucler et ranger son Natel dans sa poche, non sans omettre les formules de politesse inhérentes à ce genre de matériel. 8 ans, le gamin. 9 à tout casser. Et déjà un Natel bien à lui, avec tout ce qui va avec (appels intempestifs, messages SMS, facture que Papa payera sans broncher, etc...). Ne trouvez-vous pas que quelque chose cloche dans ce récit totalement véridique? Comment peut-on confier un téléphone, fut-il portable, à un mouflet  incapable d'épeler cu-cur-bi-ta-cée sans se tromper! A 12 ans, il aura droit à une Ferrari et à 16 ans un manoir écossais? Et dans cette quête d'absolu, quand aura t'il le temps de s'inquiéter parce qu'il est tard et qu'il n'est pas encore rentré à la maison, de se soucier des horaires, afin de ne pas inquiéter sa Maman? Pas de lézard: un coup de fil c'est si facile et la mère est rassurée aussi sec. A quoi pensent les parents? Imaginent-ils que si leur bambin est enlevé par un ignoble pédophile, ce dernier va lui laisser le temps d'appeler Maman et Papa, histoire de ne pas trop les inquiéter?

Je veux bien admettre que les temps changent, que la technologie se doit d'être profitable à tous, mais laissez les enfants en dehors de ce genre de préoccupations. Pour cela, ils ont bien le temps. Ils ont déjà Internet à digérer et ce n'est pas une mince affaire!
Mais, comme je viens de le dire, les temps changent. Bien des parents ont démissionné et laisse aux autres le soin d'éduquer leur marmaille. L'enfant est Roi. Tout lui est dû, tout lui est permis. Et qu'un professeur s'aventure à sermonner un élève récalcitrant et c'est illico la plainte pénale. Impossible aujourd'hui de croiser un groupe d'ados sans craindre des représailles. Parce que vous êtes vieille, parce que vous avez une tête qui ne leur plaît pas, parce que vous avez un pull rouge, parce que vous êtes là, tout simplement. En fait, c'est juste que vous êtes seule et qu'eux sont plusieurs. Jeunes, d'accord, mais lâches et couards! Et avec une seule idée en tête: vous emmerder. Peu importe les moyens, peu importe la raison. C'est comme ça. Le cas n'est pas général, bien entendu. Il m'est arrivé de croiser un groupe de jeunes sans qu'un commentaire blessant ne fuse. Pas souvent, mais c'est arrivé!
Alors, je pose l'équation: que doit-on leur donner en plus pour que toute cette jeunesse soit heureuse? Que peut-on faire de plus pour qu'ils n'aient plus l'air d'être les victimes d'un monde fasciste et hostile. Diminuer les devoirs à l'école? C'est déjà fait. Diminuer les jours de classe? C'est déjà fait. Interdire les fessées et les gifles? c'est déjà fait. Acheter sans compter et offrir les choses avant qu'ils en aient envie? C'est déjà fait. Dire amen à tout? C'est déjà fait. Les laisser assis dans le bus tandis qu'une grand-maman vacille sur sa canne? C'est déjà fait. Ne pas espérer un "s'il vous plaît" ou un "merci" pour un service rendu? C'est déjà fait. D'ailleurs, ne pas espérer quoi que ce soit d'eux, c'est déjà fait aussi! Passer pour une merde parce qu'on a plus de 17 ans, c'est fait depuis longtemps. Essuyer les plâtres parce qu'on a l'outrecuidance de donner un conseil d'éducation à une Maman, c'est fait aussi (dans ce cas, les jeunes n'y sont pour rien, remarquez).

Ma Maman avait pour coutume de dire que l'éducation commence au berceau. Entendez par là il n'est jamais trop tôt pour inculquer les bonnes manières à son enfant. Non, dire "bonjour" ne vous pètera jamais au visage. Non, dire merci ne vous donnera pas d'acné. Non, vous ne passerez pas pour une "fiotte" si vous cédez votre place dans le bus. Non, la politesse et le respect n'ont jamais donné le sida. Par contre rouler sur les pieds de quelqu'un avec votre trottinette peut vous amener à payer une amende. Traiter une femme de vieille pute aussi, d'ailleurs. Et traiter un homme mûr de sale con peut vous coûter un bon coup de poing dans la gueule (il faut toujours se méfier des vieux, c'est bien connu!) C'est le prix à payer pour vous conduire de la sorte. Et comme le disaient les vieux de la vielle: qui paie ses dettes s'enrichit.

 

Tubes d'un jour, tubes de toujours... 

... Ainsi se nommait l'émission que je viens de voir à l'instant. L'idée était excellente, bien que pas vraiment nouvelle: passer, en fin d'été, les tubes des étés d'autrefois. C'est à dire, les tubes sur lesquels j'ai pu danser, rire, me faire draguer... ou Dieu sait quoi d'autre. Normalement, j'aurai du m'éclater en revoyant ces reliques, sommes toutes pas si vieilles, en me remémorant des souvenirs joyeux, croustillants ou simplement agréables. C'était sans compter sur les merveilleux organisateurs de l'émission qui, sans doute dans un souci d'esthétique, nous a planté dans le décor, cinq ou six jeunes femmes charmantes, bien de leur personne, ravissantes et sachant bouger. En gros: des gogo-girls. J'étais ravie de revoir la Compagnie Créole fredonner "On va au bal masqué oh-hé oh-hé" et " C'est bon pour le Moral". Je fus agréablement étonnée d'entendre Chantal Goya fredonner un "Bécassine, c'est ma Cousine" judicieusement remixé. Mais j'avoue que le spectacle de ces jeunes hétaïres savamment dénudées et se trémoussant comme des chiennes en chaleur sur des airs dont elles ne connaissaient visiblement que les premières mesures ont franchement gâché mon plaisir. D'autant plus que manifestement, aucune d'entre elles n'a dû prendre un seul cours de danse ou d'expression corporelle. Cela ce serait vu et moi, je n'ai rien vu, hormis de la chair, de la peau... de la viande, fraîche, bronzée et pailletées!

Certes, nous ne sommes plus au temps de l'inquisition et la pudeur ne veut plus vraiment dire grand chose aujourd'hui. Mais la liberté des uns s'arrête où commence celle des autres. M'imposer des pétasses gigotantes tandis que je m'attendais à vivre des moments de pure nostalgie m'agresse et me déçoit. Et pourquoi que des filles? Pourquoi n'ont-ils pas engagé des gogo-boys bien burnés qui se trémousseraient langoureusement sur les mélopées de ma jeunesse? Pourquoi n'aurais-je pas droit, moi aussi, à me rincer l'œil en toute bonne conscience -" meuhnon, je ne regarde que pour la musique, voyons"- tout en fredonnant avec Johnny et Sylvie ou en accompagnant Michel Fugain et son désuet Big Bazar, tout en reluquant les fesses moulées du petit blond ou les biscotos du grand black à crinière rasta. Si c'est pas du sexisme, ça y ressemble bougrement. Je ne vais pas faire une jaunisse parce que je n'ai pas vu de sémillants jeunes hommes, frétillant joyeusement sur un air de Dalida mais par contre je sens poindre une légère nausée due, certainement, au roulis et au tangage du PAF*. Ce n'est plus de la variété, c'est du cinéma: l'aventure du Poséidon, Titanic, Robinson Crusoé, Les aventuriers de l'audimat perdu.
* PAF: Paysage audiovisuel français

 

Soyons économes 

Quand la publicité rencontre Internet, ça fait bip bip meuh. Imaginez la scène suivante. Aux abords d'une piscine azur se prélasse un couple idyllique. Lui musclé, bronzé, beau. Elle manucurée, maquillée, belle. Lui, en plus d'être beau, est merveilleusement attentionné. Il apporte à sa ravissante compagne un grand verre de jus de fruit afin qu'elle puisse s'y désaltérer. Elle, en plus d'être belle est un rien maladroite car elle fait malencontreusement une toute petite tache de jus de fruit sur son drap de bain d'un blanc immaculé, virginal. Une tache violet-mauve d'un fruit que je ne connais pas. Lui, beau, attentionné mais également féru de propreté, se précipite sur la donzelle, lui arrache le drap de bain et file derechef jeter la cotonnade impure dans le tambour du lave-linge. Quelques instants plus tard, il réapparaît auprès de sa sirène, brandissant, tel un conquérant victorieux, le drap de bain frais lavé, déjà sec et sublimement repassé. Si j'étais mauvaise langue, je me risquerai à supputer que deux draps de bains furent nécessaires pour tourner ce prodige publicitaire, vantant la lessive de l'absolu, le nectar saponifère qu'est Ariel Ultra, en dosettes individuelles bien pratiques. Clap de fin
Puis, en guise d'épilogue, ceignant la virtuosité du film susmentionné d'un halo de bonne conscience, le publicitaire annonce, royal, une façon fort peu commune de faire de substantielles économies. Afin de ne pas trahir son message, je vous le livre mot pour mot:
- Vous lavez à 60 degrés? Eh bien, lavez à 40 degrés. Vous ferez des économies. Puis d'ajouter que l'on trouvera plus de détails sur le site Wash.com
Des économies, qu'ils disent? Parce que faire tourner 1 machine pour laver 1 drap de bain avec 1 toute petite tache, c'est économique? Et laver son linge à 40° avec une dosette d'Ariel Ultra, le sortir de la machine, pester lorsqu'on se rend compte que le linge n'est pas propre, remettre le linge dans la machine, remettre des dosettes d'Ariel Ultra (deux, c'est plus sûr). Tourner rageusement le bouton sur 60°, filer un grand coup de pied dans cette fichue machine qui ne lave rien à 40°, remonter de la chambre à lessive en boitillant, chercher une crème calmante et une bande Velpeau, bander son pied -qui doit être foulé, c'est sûr - et perdre une après-midi ensoleillée juste parce qu'on a écouté l'autre abruti de la télé, c'est économique? Pas pour les nerfs, en tout cas!

 

Mannequin souriant?  

Or donc, grâce à ma copine, j'ai pu voir quelques défilés de mode de la saison 2001-2002. Ma copine? Mais si, vous savez bien! Je vous en parle si souvent: le gros machin carré avec des bitoniaux sur le côté. Voui: la télévision! Donc, disais-je, j'ai pu constater que les divins créateurs ont une fois de plus paré la femme de multiples atours. Qui un chapeau cloche, qui un nichon au vent (parfois même les deux!), qui une plume judicieusement placée, qui un mélange raffiné de couleurs allant du brun tabac au vert vomi. Bon, j'avoue que certains modèles valaient le détour, mais pas de quoi fouetter un chat. Exception faite pour le maître, l'unique, le fabuleux Yves Saint Laurent qui habille la femme avec un goût sûr, sans vulgarité, avec une classe qui ne se dément pas. Le défilé YSL fut un régal pour les yeux. Mais si je ne balançais pas quelque vannes, cet édito ne serait plus ce qu'il était, non?
Côté modèles, rien à dire. Côté mannequins par contre, ça coinçait un peu. On avait vraiment l'impression qu'elles essayaient de se tirer dans les jambes. Du style occuper toute la largeur du podium histoire de ne pas laisser passer la collègue qui suivait. 
Pour ce qui est des tronches, c'était comme tous les défilés actuels: chipez son nonosse à un pitbull  agacé et vous avez la tête d'un mannequin haute couture. Il y en avait même une qui avait l'air de s'emmerder ferme. Trop dur de défiler dans des robes de prestige, sans doute. En plus la démarche de ces beautés était absolument infecte. Cela ressemblait à un slalom entre des bouses de vaches dans un champ miné. Ah! qu'il est loin le temps où les mannequins portaient de jolis pseudos romantiques, défilant en souriant largement, avec un port de reine. Las! aujourd'hui, pour vendre de la robe, il faut avoir une démarche de girafe, l'air avenant d'un nazi et être fardée comme un clown triste, mâtiné d'un orang-outan dépressif.

 

Cause comme y faut, bordel! 

Chier. Con. Couille. Nichon. Putain. Merde. Enculé. Chiotte. Meuhnon, je n'ai pas pété une durite! J'ai juste utilisé mon cota de gros mots en une seule fois. Vous voyez mon intention se profiler? GAGNÉ! je vais vous parler de la télévision. Cette chère, très chère télévision.
La télé et moi, c'est une histoire d'amour qui dure depuis 35 ans. Elle a bercé mes nuits avec Nounours, m'a fait hérisser le poil avec Belphégor, m'a amusée avec Aglaé et Sidonie et m'a stupéfaite avec Neil Armstrong dans le rôle du pied qui se pose sur la lune. Et tout ça, narré sur un ton quasi monocorde, sans une syllabe pour booster l'autre. Bref, je vous parle de la télé aux temps reculés où l'on y parlait un langage châtié, en respectant les liaisons et les accords, où tout mot suspect était banni, enrayé, étouffé dans l'œuf.
Heureux temps.
Avez-vous déjà prêté une oreille attentive au vocabulaire télévisuel d'aujourd'hui? Il ne se passe pas 20 secondes sans que fuse un mot grossier, une injure ou un anglicisme mal approprié. Quand ce n'est pas du verlan pur et dur. Monsieur Léon Zitrone doit se retourner dans sa tombe. Lui qui mettait un point d'honneur à respecter et le langage et les tournures de phrases.
Même les émissions destinées aux enfants ne sont pas épargnées. Lorsque Angela Anaconda dit "connard", mon sang se glace. Lorsque l'âne de Scherk scande au gentil ogre "tu as une haleine de chiotte", il me semble que le fond est atteint. Comment voulez-vous que les enfants parlent correctement si leurs héros de dessins animés, de films, de BD, utilisent de tels mots. Se mettre au goût du jour est un argument parfois avancé. Merde était un mot déjà couramment utilisé dans mon enfance, mais jamais Donald Duck ou Babar ne l'ont utilisé. Et si d'aventure, je l'avais prononcé en classe, c'était un aller-retour garanti, avec, en prime, une punition carabinée. Cela ne m'empêchait pas de penser que la maîtresse était une conne et que sa punition, elle pouvait se la carrer où je pense. Mais le dire à haute voix, pas question. Tout ceci pour vous dire, et cela n'engage que moi, que, ma foi, ça fait chier de voir comment qu'y causent dans cette putain de télé à la con. 
Et pour me faire pardonner tous ces vilains mots, voici une petite liste de jolis mots, pour faire passer la pilule: fleurs, amour, gentil, chaton, bleu, agneau, prairie, champs, tournesol, Marilyn Monroe, cinéma, caméra, Freddy, griffes, déchiqueter, couper la tête, pendre au crochet de boucher, sang qui gicle, tronçonneuse.... Oups! Pardon, je me suis égarée! La télé, ça ravage grave les neurones!

 

Petits papiers 

C'était couru! Une petite envie de net, de rangement, de méticulosité. Pas vraiment un gros courage, mais suffisamment pour me lancer dans cette tâche ardue: mettre de l'ordre dans mes vieilles paperasses, qui me suivent depuis toujours et dont je ne me déferai pour rien au monde. Une carte postale de Paris, un mot de ma sœur laissé sur la table 24 ans plus tôt, une lettre d'amour... ou de rupture, une carte de restaurant. Toute ma jeunesse, quoi. Une fois les papiers les plus rébarbatifs triés (rien de folichon à classer des garanties ou des modes d'emploi), il ne me restait plus que la  cerise sur le gâteau, la touche de chantilly, la goulée de cassis: les papiers souvenirs. Et comme on ne se refait pas, trier signifie également tout relire, se remémorer, se rappeler, se souvenir. Méticulosité, mon oeil! En fait de rangement, ma séance s'est transformée en un perfide vague à l'âme, une petite tristesse aigre.
Et tout ça pendant que les copines se bronzent les échancrures sur une plage exotique. Elles voyagent avec Swissair ou Ibéria. Moi, ma compagnie c'est Blues Airway.
Bah! Il faut être doublement masochiste pour: 1°: conserver ces reliques, 2° les ranger un jour de soleil. Promis, la prochaine fois, je ferai ça le jour de Noël.

 

La jeunesse astique mieux

Cette publicité-là, on en rêvait; les publicitaires l'ont faite. Il fait nuit. Une porte s'ouvre et on aperçoit deux charentaises se dirigeant en catimini vers le frigo. Mais le sol de la cuisine est poisseux et les charentaises collent, faisant un bruit infernal. Gros plan sur la trombine du type aux charentaises: un homme de 50-55 ans, hirsute, débraillé, la liquette douteuse et l'air niais de circonstance. Un vieillard, quoi. Changement de décor. On est maintenant dans un salon Hi-Tech, au sol luisant et au mobilier ruisselant de propreté. Le papa, la maman et leur deux glorieux enfants (oui, je viens de revoir Mrs Doubtfire) dansent et gigotent en toute quiétude dans ce cadre aseptisé. Pas un grain de poussière ne souille le décor. Pas l'ombre d'une miette ne traîne sous la table basse. Même le chat a la bonne idée de ne perdre aucun poil sur la moquette immaculée. Les enfants sautent allègrement sur le canapé de cuir blanc, sous le regard amusé de Maman qui se réjouit de voir tant de vigueur et de santé dans sa descendance. Elle est zen et à de quoi l'être: elle a acheté une bouteille de Cif ammoniaqué. On commence à comprendre pourquoi tout brille comme ça! Même les yeux de Maman brillent. Pas comme l'autre gland aux charentaises. Bah, c'est normal: à partir de 40 ans, on est de vieux croûtons, on ne nettoie pas bien, voire mal, voire pas du tout et en plus on a un goût foireux pour acheter des pantoufles. 
Tandis que quand on est jeunes, on est beaux, on danse en escarpins pointus comme ça  dans le salon, les enfants ruinent les meubles avec leur Nike et on achète Cif ammoniaqué pour que tout brille et que la vie soit belle. Finalement, le bonheur, ça tient à peu de chose. Il suffit d'être un peu jeune, permissif quant à l'éducation des mômes et surtout, surtout: il faut acheter les bons produit de nettoyage.
Mais de temps en temps, les bambins sus-mentionnés sont tout contents de quitter un peu leur univers désinfecté pour aller chez les vieux croûtons qui les laissent sauter dans les flaques d'eau, jouer dans la gadoue et leur font des bonnes tartines au sucre ou à la confiture bien dégoulinantes. On appelle ça des grands-parents. Qui ont compris qu'il y a plus important qu'un flacon de Cif ammoniaqué: la disponibilité, l'écoute, la tolérance, la Vie. Finalement, je me demande si les publicitaires ne sont pas parfois un peu idiots, non?

 

La diarrhée à Bébé

Toujours dans la série "raconte-moi une pub", je vous ai mis de côté ce petit bijou signé Pampers (oui, ceux avec l'élastique !). Car jusqu'alors, les couches pour enfants étaient formidables, mais ça s'arrêtait là. Maintenant, grâce à la recherche technologique, on a mis au point des papiers alvéolés juste ce qu'il faut pour absorber non seulement l'urine mais également les selles molles. Je n'invente rien, c'est ce que Pampers m'a annoncé en fanfare l'autre soir, entre la poire et le fromage (traduisez: tandis que je passais à table). La boucle est bouclée. Avant, ils (les publicitaires) nous prenaient pour des neu-neu juste capable de retenir le nom du produit. Maintenant, ils nous le prouvent en donnant moult détails quant à la fonction du produit. Parce que les couches pour bébés, moi, je supputais que ça servait à retenir l'urine et les selles des poupons, oubliant sottement que parfois, les bébés nourris au petits pots, ont tendance à se payer des diarrhées de derrière les fagots. Aujourd'hui, je ne risquerai plus d'oublier quoi que ce soit sur tel ou tel produit puisqu'on m'explique noir sur blanc à quoi il sert, à quoi il est destiné, comment s'en servir, et tout et tout. Jusqu'à peu de temps, ma pudeur toute relative fut épargnée; les termes utilisés en publicité fardaient la réalité des choses, relataient à demi-mots l'usage des produits intimes. L'image elle-même était remplacée par une allégorie, plus soft. Une fleur blanche pour signifier un tampon, une cascade pour évoquer les règles, une pompe à vélo pour exprimer la constipation (Bah! les publicitaires ont, eux aussi des baisses de tonus!). Mais cette époque est révolue. Pour un savon intime, on montre carrément une dame qui se savonne le chnariflet. Pour la constipation, on montre un homme assis sur la cuvette (parfois, une dame qui fait la gueule). Je ne parle pas de cette douloureuse créature qui fait un strip-tease minable, sous une lumière noire, devant un garçon tout émoustillé et qui s'aperçoit avec effroi que son protége-slip transparaît au travers de sa culotte. Tout ça pour vendre des serviettes intimes de couleur noire. Si. Je vous jure que c'est vrai.
Je ne suis pas spécialement pudibonde. Je ne suis pas particulièrement étroite d'esprit. Mais je vous le dis tout de go: un peu de romantisme gnan-gnan dans les publicités ménagerait les esprits (parfois, les enfants les voient, ces publicités-là!) sans pour autant éclipser le message, à savoir "achetez ce produit".

 

Cholesterol 

Ah! L'âge de raison. Le bel âge de la femme. La femme mature. Que d'expressions bucoliques pour désigner une femme qui n'a plus 20 ans. Ni trente, d'ailleurs. Pour les hommes, les raccourcis sont plus nets, plus francs, moins tarabiscotés. Un homme a les tempes argentées. Une femme blanchit. Un homme possède (ah bon?) de petites rides d'expression au coins des yeux. Une femme prend un coup de vieux. Un homme attrape de jolies petites poignées d'amour. La femme grossit. En clair, tout ce qui est mignon, attendrissant et trognon chez ces messieurs devient inexorablement lamentable chez nous. Pitoyable, mais effectif. Et ne vous y trompez pas: ce n'est pas systématiquement les hommes qui affublent les femmes moins jeunes d'attributs verbaux colorés. Qu'on se le dise!
Prendre de l'âge, c'est aussi distinguer un changement d'attitude face à votre petite personne. Autrefois (sous-entendez: il n'y a pas si longtemps, tout de même!) lorsque je me trouvais face à un médecin, il me disait "vous avez de bien jolis yeux". Parfois les termes étaient moins édulcorés et plus croustillants, mais je ne suis pas là pour déprécier le corps médical. Maintenant, il me dit " vous avez du cholestérol". Puis il se jette sur son carnet d'ordonnances pour me griffonner un charabia sibyllin que seule la pharmacienne pourra déchiffrer: la liste des médicaments que je vais devoir ingurgiter sans broncher, en brave fille que je suis. Finie la petite ordonnance vierge de gribouillis, avec juste le nom du gentil docteur, dûment suivi de son numéro de téléphone "des fois que..." Bah, finalement, c'est un peu rassurant de voir qu'il s'occupe de ma petite personne. Par contre, côté glamour, les docteurs ne sont plus ce qu'ils étaient. Beaucoup moins prompt à la palpation ou au frottis. Mais voyons le bon côté des choses: avec l'âge, les visites chez le docteur sont plus vite expédiées; on perd moins de temps et ça nous arrange: parce que du temps, on en a de moins en moins, c'est bien connu!

 

Bonbons à la krrrrême

En suisse on tourne aussi des publicités. Si si, je vous assure! Sauf que nous, notre spécialité, c'est les mauvaises actrices, bien godiches, bien nunuches, limite télétubbies. Et pour vendre des bonbons au goût de fraise avec (c'est sûr) pas l'ombre d'une vraie fraise dedans, les publicitaires helvètes ont mis le paquet: trois godiches d'un coup d'un seul. Plus une quatrième qui leur tend lesdits bonbons qu'elles s'empressent d'engouffrer pour voir s'ils sont effectivement bons. Et le dialogue qui s'ensuit vaut son pesant de fraises tagada: 
- Mmmmh! ils sont si krrrrêmeux! 
- On dirait qu'ils contiennent de la krrrrême. 
- C'est bon comme la krrrrême fraîche.
Et la voix off d'ajouter, les bonbons Smurf (j'ai oublié le vrai nom) sont si bons! Comme un bol de krrrrême fraîche. A la fin du clip, on a l'estomac au bord des lèvres. C'est à croire qu'on l'a vraiment bu, ce bol de krrrrême fraîche. D'un trait, sans s'arrêter pour respirer, jusqu'à la dernière goutte. La krrrême, c'est bon, mais un bol entier... ça doit donner la nausée, non? 

 

Les moutons de Salem 

Dure époque pour les moutons. La fièvre aphteuse sévissant dans les troupeaux, leur vie ne tient plus qu'à un fil. C'est par milliers qu'ils sont abattus puis brûlés sur des bûchers de fortune afin de stopper le fléau de la maladie qui se propage aussi vite qu'un pet sur une toile cirée. Alors qu'un vaccin pourrait sauver tout le cheptel. Mais un mouton vacciné n'est plus "pur". Il ne vaut plus rien, comestiblement parlant, donc il ne rapporte plus rien, donc il est devenu inutile, donc on le trucide avant de le jeter dans les flammes. CQFD.
Les vaches ont elles aussi dû payer un lourd tribut puisqu'elles ont eu la mauvaise idée de tomber malades. Le même sort les attendait. Par milliers.
Et moi, comme une conne, je pensais que la vie, fut-elle animale, avait une certaine importance. Qu'avant d'en venir à de telle extrémités, on devait tout essayer pour sauver tous ces animaux malades. Mais le dieu Dollar parle mieux et plus fort et c'est d'une haute et intelligible voix qu'il a ordonné: "tu zigouillera toute bête malade, sans essayer de la soigner". Normal: ça coûte trop cher et des toute façon, les petits paysans sont des bouffons que l'on a pas besoin d'écouter. Mais sans ces petits paysans, les gros cons politicards n'auraient plus rien à mettre dans leur assiette et ça, c'est ce qui leur pend au nez et ce sera tant mieux. Ventre affamé n'a pas d'oreille, le dialogue sera ainsi interrompu et les Hommes (les vrais, ceux qui se lèvent à 4 heures du matin pour aller travailler dans les champs) auront enfin leur mot à dire. A savoir: respectez la nature, respectez les animaux, respectez le travail des hommes, respectez la Vie et vous serez heureux.

 

Bonjour !

Scène de la vie quotidienne de ce troisième millénaire. Je marche tranquillement, revenant du supermarché, de la balade avec mon chien, peu importe. Arrive, face à moi, un homme. Pas un voyou, pas un skinhead ou un malfrat. Non non, juste un habitant de mon immeuble. Je commence à esquiver un sourire, je le regarde avec bienveillance et j'amorce un "Bonjour" amical. L'homme, arrivé à ma hauteur, détourne le regard délibérément afin de ne pas avoir à me saluer: trop fatiguant, sans doute! La même scène peut se produire 10 fois dans une même journée. Plus personne ne se dit bonjour et c'est bien dommage. C'est à peine si le gens d'un même immeuble se connaissent. Précisément, dans mon immeuble, habite une femme, flanquée de deux gamines arrogantes. Elles me détestent, elles détestent mon amie, elles détestent tous les habitants de la maison. Pas moyen de les raisonner puis il n'y a pas de cause à cette animosité. Juste elles nous détestent. Lorsqu'elles nous toisent c'est comme si nous étions de la m... Je sais qu'elles vont prochainement déménager et ce ne sera pas une grosse perte! Voyez-vous, je serai, moi, malheureuse de savoir que si je devais quitter la maison, cela devait faire plaisir à quelqu'un. 

 

Quand l'artiche s'affiche

Bon, vous me connaissez. Ni médisante, ni envieuse, pas une once de sournoiserie dans mes propos, je suis un océan de bienveillance à moi toute seule. Et ce qui me plait le plus, c'est de dire du bien de la télévision. Or donc ce soir, lascivement emmaillotée dans ma "couverture-édredon, celle qui est chaude mais pas trop", je m'informe des programmes de la soirée. Que va t'il se passer ce soir? Vais-je sonder des horizons lointains et fascinants? Vivre des aventures palpitantes au côté du fougueux et sémillant Indiana Jones? Apprendre à cuisiner divinement le bœuf-carotte? Rien de tout cela. La télé m'a concocté un tout autre programme, certes moins instructif, mais tout autant palpitant. Titre de ce morceau choisi, La jet-set sur son 31.
Il s'agit de regarder comment les gens riches, très riches, voire immensément riches ont fêté leur nouvel-an. le but de cette émission est de montrer aux pauvres comment ceux qui ont de l'argent boivent, mangent, dansent, se pelotent, boivent, rient, parlent, boivent et trinquent avec du champagne millésimé, des vins si vieux que l'étiquette est camouflée sous une couche comme ça de poussière (noble), le tout servi dans des verres de cristal de bohême filetés d'or.
Du coup, votre blanquette de Limoux servie dans vos flûtes Arcopal vous semble bien insipide. 
Car c'est cela la nouvelle tactique des gens de télé: vous rappeler le plus souvent possible que vous n'avez pas les moyens de vous offrir ce qu'ils vous montrent dans leur lucarne. Les robes haute couture, les mets fins, les restaurants étoilés où le pourboire du portier vous coûte un mois de salaire, les yachts rutilants bercés par le doux clapotis de vaguelettes affables, les soirées dansantes exquises, etc., etc., etc.....  Ces derniers, mois, pas une semaine se passe sans que l'on nous impose ce genre de spectacle affligeant.
Les riches s'amusent? Bien leur en fasse! S'il peuvent manger du caviar à la louche et prendre une biture à la Romanée Conti, je suis ravie pour eux. Mais nous autres, les moins nantis, avons au moins un peu de dignité: lorsque nous faisons la bringue, nous n'invitons pas une équipe télé pour nous tenir le bassinet. Et finalement, la bière, c'est aussi bon que le Pommery, les oeufs de lump font très bien illusion, et pour ce qui est des robes haute-couture, le dernier défilé Dior-Galliano (dûment vu à la télé, bien entendu!) a terminé de me convaincre de ne pas avoir envie de m'habiller chez les grands couturier. Car tant qu'a payer un vêtement, autant qu'il y ait du tissu partout et si possible pas transparent aux endroits stratégiques.
Et pour terminer mon petit laïus, sachez que chez les riches, la gueule de bois se soigne pareil que pour nous: Bon, peut-être vomissent-ils dans des bassines dorées à l'or fin plutôt que dans la cuvette des WC, mais le mal de crâne est le même et c'est aussi l'aspirine qui prévaut dans ces moments-là. La seule différence: c'est un domestique qui leur apporte le cachet et le verre d'eau.

 

La beauté intérieure 

J'ai vu aujourd'hui une émission-débat fort intéressante. "C'est mon choix". Vous connaissez? Le principe en est simple et maintes fois utilisé en télévision. Un thème, des invités pour, des invités contre, une animatrice, un public docile et roule. Aujourd'hui, le thème fut "Je suis très belle et pourtant si seule." Deux ravissantes créatures marmonnaient que leur grande beauté les empêchait de lier connaissance avec des garçons, ceux-ci étant plus intéressés par leur plastique que leur QI. 
- "Ils ne nous laissent pas le temps de démontrer qu'en dehors de notre beauté, nous avons aussi des choses à dire. Nous en avons marre d'être jugées juste pour notre beauté. Parfois, je voudrais être moche (ben voyons!)"
Qu'apprends-je là? les hommes se montrent pressants et occultent le dialogue face à une jolie fille? Les vilains garnements. Mais si nous prenons le problème inverse, j'imagine que la difficulté à dialoguer avec un homme est la même, non? je m'explique: Un homme croise une fille laide. Il ne va pas la haranguer pour lui faire la causette. La fille laide devra user de stratagèmes pour déclencher le dialogue. Qui l'humour, qui le charme, qui la féminité exacerbée, les  manœuvres sont nombreuses et la fille laide les connaît. Une fille belle n'aura pas a user de ce genre de méthode: le dialogue s'installe automatiquement et elle n'aura plus qu'a faire dévier la conversation sur le sujet dont elle désire converser: Elle. 

Personnellement, je me trouve moche. Pas au point d'effrayer les corbeaux , mais je n'ai pas franchement le type grande bringue suédoise. Lorsque je sors avec ma copine, je lui sers de faire valoir. A côté de moi elle semble plus belle. Et moi plus moche, forcément. Mais cela ne m'a jamais empêché de lier connaissance avec des hommes. Il y a 15 ans, j'étais beaucoup plus mignonne et je plaisais beaucoup. Enfin... pas mal. Et là aussi, j'ai connu bien des garçons qui ne m'ont pas parlé de mon décolleté ou de ma chute de reins. Certes, les hommes sont plus prompts à amener la discussion sur un sujet grivois, mais ils n'ont pas que cette particularité. Les hommes sont comme les filles, fussent-elles belles ou moches: il y en a des timides, des gentils, des cons, des marrants, des sérieux, des calmes et des emmerdeurs et de forts intéressants. Tirer une tête de six pieds en se répétant inlassablement que l'on est belle et que les hommes ne pensent qu'à votre cul n'incitera pas les érudits à vous étaler leur culture. Être souriante, aimable et ouverte à la discussion risque plus de vous faire connaître de chouettes gars. Et si, en plus, vous être belle, alors vous avez décroché le pompon.
Vous Messieurs, qui lisez ces lignes, retenez ceci: lorsqu'une belle fille vous tape dans l'œil, approchez-vous et parlez-lui de scie égoïne, de rhododendron ou de crépinette d'agneau, car si vous avez l'outrecuidance de lui susurrer qu'elle est belle, c'est la veste assurée. Et sommes toutes, les moins belles ont aussi des atouts: être plus disponibles et moins compliquées, entre autre! De plus, elles ne vous prennent pas d'entrée pour un maniaque du zigouigoui, ce qui n'est pas négligeable :o)
(Ps: je connais des filles vraiment très belles qui n'ont pas ce genre de raisonnement. Vous aurez compris qu'il s'agit de traiter avec humour une émission de télé qui m'a vraiment fait marrer de par son contenu)

 

Khol and the gang

Donc Monsieur Kohl, Helmut pour les intimes et ex-chancelier allemand pour la petite histoire, ne sera pas jugé. On le soupçonne d'avoir frauduleusement touché de l'argent pour financer le CDU, mais Khol étant Khol, on ne va tout de même pas le jeter aux pieds de la justice. N'est pas VIP qui veut, cré non de sort. Alors pour faire passer la pilule (et la faire oublier dans un même temps) on le condamne à payer une amende. Même pas exhorbitante. Comme ça, on est sur qu'il ne recommencera plus ses bêtises. Mais l'amende que Helmut va payer, qui c'est qui va l'encaisser? Mmhm? Où c'est-y qu'ils vont passer, les sous? Mmhm? Et le bandeau sur les yeux de la justice, il sert à quoi, au juste? Au début je pensais qu'il symbolisait l'égalité, qu'une personne avait les même droits et les même devoirs, qu'elle fût noble, riche ou simple ouvrière. Mais en fait, le bandeau de la justice lui sert uniquement à ne pas voir certaines choses, à fermer les yeux sur les manipulations douteuses qui rapportent de l'argent. Et l'argent, c'est chouette quand on en reçoit. On s'en fout d'où il vient, pourvu qu'il y en ait beaucoup. Et la justice étant ce qu'elle est, tout le monde sait qu'il faut avoir beaucoup d'argent pour pouvoir la côtoyer. Et que vous soyez victime n'y change rien. Si vous n'avez pas d'argent, n'espérez pas que les tribunaux vous aideront dans vos démarches. Payer est le maître mot. Sans argent, vous êtes un déchet inconsistant: n'espérez aucune considération de la justice. Elle n'est pas là pour ça.

 

Petit bouchon

Une maison comme ça, j'en rêve. La cuisine campagnarde donne directement dans le jardin romantique. Une jeune fille (pas si jeune que ça, en fait) Rempli un petit sac à dos de fruits, bouteilles d'eau et autre grignotages divers. On suppute qu'elle va partir en randonnée. Mais avant de se lancer sur les routes, elle a des choses à nous dire (normal: c'est de la pub) Et qu'apprends-je? Son Papa souffre de constipation. Pôôôvre Pôpa! La camera nous montre aussitôt l'infortuné, dans le jardin romantique, en train de gonfler joyeusement le pneu de son vélo, manifestement pas trop affecté par ses petits ennuis gastriques. La camera revient sur la jeune (?) fille qui nous rassure: elle a acheté des petites pilules Miracle. Elles sont si efficaces qu'elle déboucheraient un tuyau d'aspirateur! D'où l'air joyeux du papa, souriant béatement à sa fille qui vient de révéler à quelque millions d'auditeurs que sa constipation est bien finie "et que maintenant, mon Papa, il peut faire du vélo". Messieurs les publicitaire, je vous admire! Encore que, dans ce genre de publicité (et dans les autres aussi, d'ailleurs) si vous voulez nous faire croire que l'histoire raconte les aventures d'un père et de sa fille, pourriez-vous, siouplait engager une fille ayant une légère différence d'âge avec l'acteur jouant le père? Moi je m'y perds!

 

Bisous à toutes et à tous et à bientôt sur cet édito !

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