La ménagère de moins de cinquante ans


Fini pour moi. Exit. Les statisticiens ne tiendront plus compte de mon avis éclairé, lucide et guilleret, puisque en entrant dans cette nouvelle décennie, je suis aussi entrée dans ma cinquantième année. Las ! Mon panier n'intéresse plus personne, ce que je vais mettre dedans, désormais, ne fera plus l'objet de recherches et d'études de marché. Même le PAF me tourne lamentablement le dos. Je peux regarder ce que bon me semble, peu lui chaut. Du coup, peu importe que je regarde Thalassa ou les mini-keums. Ne plus faire partie du panel de la ménagère de moins de cinquante ans, avec un panier drôlement captivant, ça a tout de même des avantages: Je peux tartiner mes croissants de mayonnaise, cuire des crayons dans ma choucroute, brasser de l'air exempt de Fébrèze, laver le blanc avec la couleur sans mettre de lingette intelligente, plus personne ne va s'en inquiéter.

Cinquante ans, quel bel âge ! Ca vous plombe un curriculum, mais dans le bus, c'est bien commode: on peut rester vissée à son siège sans craindre qu'une pimbêche vous regarde de travers. Dans les restaurant, les serveurs ne vous font plus des œillades salaces, mais redoublent de courtoise, espérant grappiller un pourboire conséquent (les vielles, ça a des sous, c'est bien connu).

On peut abandonner sans regrets les stilettos pour des chaussures bien confortables. Des bien chaudes en hiver, des qui tiennent bien le pied en été. Et du coup, on se rends compte des 35 ans de souffrances à se tirebouchonner les petons dans des escarpins qui font le pied petit, élégant, raffiné et surtout boudiné.

On peut se rendre à la superette en "comme t'es". Personne ne va reluquer, ni dans notre décolleté ( col roulé, désormais) ni dans votre panier de vieille, dans lequel on va jeter négligemment tout ce qu'on veut.

On met un manteau à son petit chien, on achète des couvertures chauffantes (à la place des bas coutures et des guêpières), on n'a même pas honte de porter des pantoufles moelleuses et on a plus de temps. Pour compter ses rides et ses bobos.

Quand on croise une copine, on parle du temps qu'il fait (jadis, notre puérilité nous faisait parler mec, make-up, mode et colifichets). On échange des recettes, de préférence des "qui tiennent au ventre". Quand on invite, on prépare un pot-au feu ou une daube (jadis, c'était un sukiyaki, un poulet tandoori ou un buffet végétarien: que de joli dans le décor)

 

Cinquante ans, le bel âge ! Vivement que j'en aie 10 de plus: ça va être rock'n'roll; l'éclate absolue, le big bang de l'anti-ride, la fission nucléaire au niveau de mon vécu.

 

Tu reprendras une petite tisane ?

 

 

Fraîcheur de vivre


Qu'il est rafraîchissant, ce bambin. Un vrai bouquet de printemps. lorsqu'il lance d'une voix mutine: "Maman je veux aller faire caca" ! La Maman, qui en a vu d'autre, lui dit "Alors viens", faisant mine de l'emmener au cabinet. Mais le mutin bambin décline l'offre alléchante: "Non, je veux aller faire caca chez Paul". Ah bon.

Il faut dire que ledit Paul a des cabinets nantis d'un Brise Touch et Fresh qui senbonnise la pièce après que l'on y ait déposé sa grosse commission. Qu'on se le dise. Tandis que dans les toilettes de Maman, c'est bien connu, ça sent la vielle pisse, le rance, le bouc ou le phacochère. Heureux Paul !

La publicité ne prend plus de détours. Le tampon qui s'ouvre en corolle, le savon qui soigne celles qui portent des pantalons serrés et qui ont une sexualité débridée, le préservatif à picots, qu'on se le dise: si vous avez une âme de romantique ou de grande fille bien élevée, fuyez les spots publicitaires. On y parle plus souvent de merde, d'hémorroïdes, de ragnagnas et de sex toys que de tubéreuses ou de linge frais.

Un peu décevant quand même

 

 

 

Jeunesse chérie


Oui, je le sais, la vraie beauté vient de l'intérieur. On me le rabâche depuis des décennies, particulièrement en ce moment où les rides commencent à me peser. Mon entourage tente, tant bien que mal, de me rassurer: "tu n'a pas tant de rides que ça" ou, pire: "ça te va bien". Bon, je fais avec: les rides que je n'ai pas me vont drôlement bien, C'est déjà ça !
Donc, je suis seule pour affronter ces arrogantes qui me titillent le karma. Mais j'ai de la ressource: des crème drôlement bien qui repulpent, lissent, effacent les sillons encore mieux qu'une centrale vapeur Laura Star

J'entame donc dangereusement mes maigres économies pour acquérir un pot ce cette fabuleuse potion qui va me donner le faciès d'une jeune gamine. J'en frétille d'avance. D'autant que le prospectus est formel: photos à l'appui, on voit les rides qui ont réellement diminué, voire qui se sont totalement volatilisée.

Et c'est là que le produit est fort: en 3 semaines, il vous prouve que vous êtes une femme rare: les résultats ont été obtenus sur 98% des femmes testées et vous, vous faites partie des 2% restants, à savoir celles sur qui la crème fait le même effet qu'un petit pipi de rien du tout dans l'immensité de l'océan majestueux: zéro, rien, nada !

Donc, forte de cette consternante nouvelle, je me procure un autre onguent, tout aussi miraculeux, tout aussi merveilleux et tout aussi onéreux. Et là encore, je suis une femme rare. C'est valorisant, certes, mais pas vraiment pratique. Je préfèrerait faire partie de la plèbe sur qui la pommade fait de l'effet.

Mais une femme ridée a de la suite dans les idées. Je consulte méticuleusement les catalogues, afin de trouver le baume magique. Je commence avec le Dr Pierre Ricaud. Un médecin, ça ne  ment pas. Et je vois qu'il propose une crème sublime qui va hydrater mes ridounettes (et, accessoirement, assécher mon porte-monnaie). Mais moi, mes rides, je ne veux pas leur servir l'apéro, je veux juste les fusiller, les virer de ma face, les voir disparaître.

J'ai beau me tartiner avec des crème, onguents, pommades, sérums, bases et tout le tintouin, elles restent là, fidèles au poste. Même le botox se marre. Moi, moins.

Alors je vais changer de tactique et déployer le plan Orsec: peeling ou laser, à voir. J'ai déjà mon rendez-vous en poche et je me prépare au pire comme au meilleur.

C'est pas mes microsillons qui auront le dernier mot, non mais !

 

Coquets petons


Dire que j'ai passé une grande partie de ma vie sans ça. Inconcevable, nonobstant véridique. Mais heureusement que le télé-achat m'a remise sur le droit chemin, sur la voie royale, sur l'autoroute de la plénitude: Maintenant, je sais que ça existe et que je peux en commander un ! Comment ? Vous ignorez à quoi je fais allusion ? Inconscients que vous êtes, va ! Je parle, bien entendu, du merveilleux, astucieux, génialissime et futé Solupied ! Rien que le nom fait déjà frétiller mes neurones dépensiers.

Pour ceux qui ignorent l'existence de ces neurones-là, sachez que toute femme en est pourvue en suffisance et que leur nombre croît en fonction des produits que l'on agite sous son nez: en temps normal - traduisez "lors des courses du samedi matin", ils restent stables, tendent à baisser au rayon triperie, mais se démultiplient à la pâtisserie ou au rayon maquillage, avec des pics dangereux durant les soldes et chez les grands couturiers.

Bref ! Revenons à notre Solupied. Pour planter le décor, sachez d'entrée que c'est un produit qu'il est bien. Si si ! Un monsieur austère en blouse blanche le certifie: "tous les médecins le disent: Achetez Solupied". Alors si le corps médical nous le conseille, c'est que ça doit être un produit sérieux. Dans Solupied, il y a Solu, qui nous pousse à songer au mot solution, et pied, qui nous suggère le mot pied (ce qui se conçoit bien s'énonce clairement). Il y a aussi olup et lupie. Là, j'avoue que la finesse m'échappe, mais je suis persuadée que ça doit forcément dire quelque chose, vu l'ingéniosité du bidule.

Mais qu'est-ce donc que ce Solupied ? Eh bien, c'est un ustensile révolutionnaire qui permet de râper la corne des pieds. Vous voyez: votre attente n'aura pas été vaine, l'information est réellement percutante ! Mais ce n'est pas tout, que nenni ! Le Solupied est également doté d'un réceptacle astucieux et ingénieux ( je dithyrambe, je sais, le Solupied vaut bien ça) qui réceptionne toute la vieille croûte que le Solupied aura extirpé du dessous de vos petons potelés. Et pour le prouver, les testeurs ouvrent le Solupied avec une frénésie toute pardonnée, regardent l'intérieur du réceptacle tout émoustillés de ce qu'ils voient, écarquillent un peu les yeux et versent le précieux contenu sur la table basse qui se trouve devant eux en un ravissant petit amas de vieille viande desséchée et grisâtre. Magique, je vous dis. Un grand moment de télévision.

Mais la ravissante présentatrice du Solupied n'en reste pas là. Ah que non ! Elle saisi une orange, y passe langoureusement le Solupied, afin de prouver que l'orange est bel et bien râpée. Non non, je n'ai pas fini: après l'orange, elle saisi un ballon de baudruche et y frotte le Solupied. Et là, déception: rien ! Pas la moindre égratignure sur le ballon.

Donc, si vous voulez râper vos pieds ou vos oranges, le Solupied est fait pour vous. Si vous voulez râper des ballons, tournez-vous vers du plus costaud, le Solupied ne pourra rien pour vous. Inutile donc d'emporter le Solupied à la fête à Neuneu pour le tester sur des ballons.

 

 

Rendez-vous chez le coiffeur


La Journée avait bien commencé. Pas de raison, donc, de la voir se dégrader. L'esthéticienne, la veille, avait usé de virtuosité pour me retirer les points noirs (ceux qui surgissent, en général,
là où se situent les petits nerfs bien délicats) et son masque purifiant avait rempli son office: purifier ce qui avait échappé à l'oeil de lynx de l'esthète esthéticienne. Bref, j'étais rutilante comme une jante de Harley.
Mon nouveau coiffeur m'attendait de pied ferme pour 16 heures. Programme annoncé: coupe et couleur. Rien de bien terrifiant, mais quelques ratages successifs ont fini par me rendre ces deux étapes basiques aussi stressantes qu'une visite inopinée (donc douloureuse) chez le dentiste.

Je capturai donc mes 4 mèches grassouillettes dans un pseudo chignon (réussi à la perfection,exploit que je ne renouvelle que les jours de rendez-vous chez Figaro). J'avais le look austère d'une prof de flamenco.. Je choisis donc de me maquiller élégamment pour casser le personnage.
Il est bon de savoir que certaine ombres ombrent plus que d'autres. En général, ce sont celles que l'en applique au tout dernier moment, juste avant de tirer la porte d'entrée et d'affronter le monde, le public, les voisins de bus. Qu'importe: la prof de flamenco aura le regard façon Louise Brooks. Et la dégaine de Laura Ingalls. puisque les vêtements choisis à la toute dernière minute tendent rarement à nous sublimer, ce qui nous oblique à nous rabattre sur du sûr, du classique, enfin.... du "qui nous va" (et qui ne poireaute pas lamentablement dans la corbeille de repassage). La première impression est capitale. Notre tout nouveau coiffeur va donc très vite être fixé sur le personnage. Le premier choc passé, il faut lui présenter l'état des travaux. On retire lascivement le catogan qui enserre ce qui nous sert de tignasse. L'oeil du coiffeur brille durant quelques interminable secondes. Puis il écoute nos désirs et explique ce qu'il peut faire avec...ça.
Un coiffeur qui écoute? La journée n'était donc pas perdue! Et lui, de nous expliquer les volumes, la texture de notre "chevelure", et tout un tas de petits conseils qu'on écoute mollement, persuadée que de toute façon, on va ressortir avec une tête apprêtée, laquée et artificielle, façon playmobile. Les ciseaux voltigent, le shampooing mousse abondamment, votre tête commence à ressembler à quelque chose, malgré la faculté immuable des miroirs de salons de coiffure à mettre en exergues vos rides, ridules, cernes et double menton.
Avant de faire la couleur, il sèche les cheveux sans même y toucher: simplement d'un coup de sèche cheveux. Et ô surprise: vous être, malgré tout, merveilleusement bien coiffée: enfin, vous avez la coupe que vous attendiez depuis tant d'années. Mais une femme satisfaite a toujours un petit quelque chose qui la chiffonne, qu'il faut modifier. Je n'échappais pas à la règle. Une minuscule mèchounette me titillait le regard, attirait mon oeil critique. Je saisis donc le miroir sur le comptoir afin de voir plus avant s'il faillait ou non, agir sur l'arrogante. Bing patatras chling. Le peigne et les ciseaux de mon Figaro se retrouvent par terre, sans ménagement aucun. Particularité d'un ciseau de coiffeur: ils coupent à merveille. Autre particularité: ils coûtent le lard du chat. Autre particularité: ils sont fragiles comme une coupette de cristal. Ma première rencontre avec mon tout nouveau coiffeur ne se passait donc pas sous les meilleurs auspices. Mais en discutant, on arrive toujours à un accord. Mon assureur s'occupera de remplacer l'outil et moi, je pourrais retourner chez Figaro la tête haute (et bien coiffée), afin qu'il réitère la magie de la coupe qui donne un air humain a la plus bizzaroïde des tignasses.

 

 


Le mixeur mouli-mélangeur à induction pulsée


Le mixeur mouli-mélangeur à induction pulsée C'était un jour anodin, comme tout autre jour anodin. La télé ronronnait, le chat aussi, vous ronflez carrément, loin d'imaginer qu'un missile allait vous arriver dessus, sans crier gare (c'est traître, un missile). En fond sonore, loin loin loin, une petite voix mutine vous incite à voir à quel vitesse vos soupes moulinée seront vite préparées avec cet appareil. Chez vous, le mot A P P A R E I L a toujours eu un effet tenseur: vos paupières s'ouvrent instantanément, vous écarquillez les yeux, vous redressez sur votre séant afin d'admirer la chose, l'objet, la merveille: l'appareil à faire de la soupe drôlement vite.
Et c'est qu'il est malin, le bougre: en sus de la soupe, il mouline les frappés (vous détestez, mais l'idée de pouvoir en faire vous séduit) les légumes, les omelettes, les crêpes, les.... enfin quoi, il mouline vite et bien. Vous avez déjà un joli stock de robots en tous genre, mais pas celui-là!
La décision est prise: Il me le faut absolument. La grosse difficulté sera de faire passer l'information à Môssieur qui gémit à chaque nouvel achat. "on va la mettre où". Parce que depuis quelques années, il faut déployer des trésors d'ingéniosité pour faire entrer la moindre babiole dans votre cuisine. Alors pour annoncer à Môssieur la venue prochaine d'un nouveau A P P A R E I L, vous déployez le plan ORSEC.
Pour commencer, vous faites des omelettes pas bien battues exprès. Puis des laits fraise pas battus du tout. C'est qu'il vous connais depuis le temps! Vos manœuvres, vos manigances, il les connaît! Vous avez utilisez toutes les munitions pour arriver à vos fins: la moue mutine, la gentillesse post-achat, la menace, le chantage, l'indifférence..... tout y est passé. Alors pour votre 48ème robot, il va falloir jouer serré. Très serré.
Vous commencez par vous redécouvrir des talent de cuisinière émérite. Vous le gavez de petits plats mitonnés, de daubes, de desserts bourratifs. En n'omettant pas de glisser subrepticement que si vous aviez un A P P A R E I L adéquat, votre sauce serait meilleure, votre dessert plus onctueux, vos entremet plus avenants. Puis vous user de stratagèmes bien féminins, en fonction de ce que la nature vous aura donné (battre des paupières lorsqu'on a trois cils rabougris n'aura qu'un effet limité sur la cible)
Une difficulté majeur est de montrer l'A P P A R E I L à Môssieur, sans qu'il se rende compte que c'est une basse manipulation. Et le télé-achat n'est pas son émission préférée. La encore il faut ruser intelligemment. Instiller un extrait du télé-achat sur la cassette de son dernier match de foot n'est pas vraiment un plan fiable. Pire, cela risque de mettre en péril la quiétude du couple. Alors vous enregistrez un film au demeurant passionnant en glissant habilement l'annonce du télé-achat, 10 minutes avant la fin, pile poil au moment où l'assassin allait être démasqué. L'homme se fige, contrit. Vous profitez de son mal être pour lancer des superlatifs dithyrambiques quant à la beauté, l'efficacité de cette machine révolutionnaire et avant qu'il ait le temps de piper, la suite du film revient, l'assassin se fait arrêter, la vedette embrasse le héros, fondu artistique, FIN, générique. Et vous glissez naïvement: " c'est formidable, ne trouves-tu pas? (vous battez vos trois cils mités pour appuyer vos dires) et l'homme réagit. Sur le film. Et vous, sans vous démonter, revenez aussi sec sur l'appareil. Et l'homme de vous sortir sa litanie "Mais on va le mettre où"
Quelques semaines plus tard, Môssieur aura sa réponse: vous l'avez mis au fond du placard, car votre 17ème robot hache le persil comme pas deux, le 25éme se charge de oignon mieux que personne et les soupes moulinées, vous les confiez au batteur que votre Maman vous a offert pour vos 30 ans.

 

 

Jeu télé... commandé


Il est des soirs anodins tout simplement divins. Vous regardez votre télé, vautrée emmitouflée calfeutrée pelotonnée sur votre sofa préféré, une tasse de café brûlant dans une main et la zapette dans l'autre, un immense bol de pop-corn sur la table basse, le chat ronronnant sur votre ventre et le petit chien roulé en boule à vos pieds. Ce soir, c'est Brodway! Vous êtes seule et vous pouvez faire vous-même le programme, sans justifier de vos choix, fussent-ils rédhibitoires, agaçants, voire gnans-gnans. Et votre programme préféré, c'est le zapping. Pas celui de Canal +: le vôtre, que vous faites en gardant le doigt scotché sur le bouton de défilement des chaînes et en organisant des petits jeux hautement éducatifs. Cela donne, à peu de chose près ceci: 
ZAP (la pub). "bon, on dirait que j'achèterai le produit de la prochaine pub". La pub suivante vante un ustensile en forme de griffe, servant à arracher les mauvaises herbes du jardin sans efforts. Vous n'avez pas de jardin, mais votre yucca n'en mène pas large.
ZAP (Top Model) "Si Brooke sort une gentillesse dans les 15 secondes, je suis o-bli-gée de mettre de l'ordre dans le tiroir à fouillis du corridor". Brave Brooke, fidèle à elle-même vous aura sauvée d'une corvée en étant garce durant 24 secondes.
ZAP (Star Academy) au premier gros mot prononcé je suis o-bli-gée ... (pas le temps de dire quoi: chez Star Academy on sait tout des testicules de X qui se les fait casser, battre ou pire encore depuis le début de l'émission. Et qui le dit haut, clair et vulgairement toutes les trois secondes 27)
 ZAP (un téléfilm) "Bon, on dit que je serais o-bli-gée de me marier avec le 3ème homme qui entre en scène (Mickey Roney) Bon alors on dirait que j'avais dit le quatrième...OUCH! non, bon Mickey Roney, ça ira. Vous remarquerez que lors de ces soirées zapping, votre français tend à prendre des formes peu littéraires, mais ça fait partie du jeu!
ZAP, (une émission de variété). Là, on dirait que je suis o-bli-gée de coucher avec le prochain qui vient chanter... Euh...Bon, il y a des soirs comme ça! Et si j'allais ranger le tiroir à fouillis? La vision d'une nuit torride avec Jean Sablon devrait vous donner du courage à la besogne.
Mais certains soirs, le jeu se pimente agréablement: vous êtes o-bli-gée d'acheter le dernier parfum de Dior, de vous marier avec Clark Gable ou de vous acoquiner avec Georges Clooney. Et ces soirs-là, le tiroir à fouillis du corridor peut toujours attendre!

 


 

T'es trop nulle


Il y a des jours comme ça. Pourtant rien n'y prédisposait. La journée se passait bien, mettons normalement. Il faisait beau. Enfin, il ne pleuvait pas. Votre brushing et votre mascara avaient tenu toute la journée et votre déodorant ne vous avait pas lâchée. Donc tout se déroulait sans encombre. Et c'est sans crier gare qu'un grain de sable est venu s'immiscer dans le rouage pourtant bien huilé de votre train-train. Gros, le grain. Vous prenez votre bus pour rentrer du travail. Une place assise se libère, juste en face d'un sublime costume trois-pièce fringuant et, ma foi, fort joli. Vous croisez les jambes le plus élégamment possible, vous jouez les wonder-women "à- qui on- ne-la-fait-pas", tout en laissant entrevoir qu'avec un peu d'insistance.... Le costume vous lance des regards intéressé. Votre personne semble ne pas laisser indifférent, ce qui n'est pas pour vous déplaire: rien que le prix de votre anti-rides devraient vous conforter dans l'idée que vous êtes la meilleure. Mais cela fait toujours un pincement de sentir que l'on plaît. Et votre voisin de banquette le sent. Mais à peine amorce t'il un joyeux "bonjour mademoiselle" que vous vous cabrez comme une danseuse de flamenco. Vous le toisez des Ray-Ban aux semelles avec un regard sans équivoque. Le message est passé: "t'avises pas de me parler, nabot". Pourquoi? Vous ne le saurez jamais. Le costume se ravise, s'enfonce, interloqué, dans sa banquette et ne vous adresse plus le moindre regard. Et vous vous sentez nulle et toute petite. Vous êtes peut-être passée à côté d'une grande histoire. En plus il avait l'air vraiment gentil et avenant. N'épiloguez pas: le mal est fait. En temps normal, vous êtes pourtant d'une nature joyeuse et ouverte. Vous ne rechignez pas pour sortir avec les copines et ne souffrez pas du complexe de Cendrillon. Mais parfois le cortex, l'hypophyse ou les œstrogènes vous jouent des tours.
Les files d'attente vous donnent le blues. Alors, pour tromper l'ennui, vous discutez avec votre voisine de queue, histoire de lui montrer que vous êtes une brave personne, gentille et complaisante. Mais vous aimez aussi montrer que vous avez un peu de culture. Alors, vous y allez de vos citations préférées, sans omettre de préciser " Lacan a dit que..." "BHL a écrit que...". Tout ce que vous connaissez de BHL, c'est Arielle Dombasle, mais la mémère de la file d'attente n'en sait rien, alors! Et lorsqu'un enfant vous bouscule sans le faire exprès (mouais) vous portez le coup de grâce. " Quand je pense que Sartre a dit qu'il fallait avoir une haute estime de soi pour avoir envie de se reproduire!". Le bambin maladroit revient dans votre direction, dit à votre interlocutrice "Maman, Delphine et Cedric ne veulent pas jouer avec moi!" et vous, vous mettez les bouchées doubles pour trouver une citation qui pourrait vous sortir de ce mauvais pas. A part "Dessines-moi un mouton", rien ne vient. Votre cerveau surchauffe, ainsi que vos joues et votre Ego. Vous espérez que votre lamentable "il est mignon, quel âge il a ?" vous sortira de ce mauvais pas, mais vous sentez bien que l'entente cordiale est maintenant rompue. Et vous enviez Arielle Dombasle. Pas pour ses sous, sa beauté ou son mari: vous aimeriez juste être là où elle est: n'importe où, sauf dans cette maudite file d'attente.

 

La beauté ne se mange pas en salade


La beauté, ça ne se mange pas en salade  D'accord, ça ne veut rien dire. Encore qu'avec nos onctions d'huile d'amande douce, nos rinçages au vinaigre si salutaires pour nos tignasses, nos compresses de concombre (pour fusiller les cernes) et nos hectolitres de fromage blanc engloutis en toute bonne conscience pour garder la ligne, notre aura se rapproche plus de la frisée aux lardons que de la grande fille toute simple. Mais le but de toutes ces manœuvres, c'est la beauté. Essayer de se rapprocher de la liane qui présente le maillot échancré de la page 8 devient une idée fixe, un sacerdoce. Pas impossible, certes, mais il y a du boulot. A commencer par les rondeurs, justement. Nous, on est potelée juste comme il faut mais pas là où il faut. L'idéal serait de pouvoir répartir les capitons comme de la pâte à modeler. Et comme à l'impossible nulle n'est tenue, on se précipite au Fitness le plus proche pour se forger un corps de marbre. 650 francs l'abonnement d'une année (il faut bien ça). Vous n'y foulerez le lino que 4 fois. Un bon régime vous semble plus adapté, moins contraignant, moins fatiguant. Mais vous investissez dans une cassette vidéo (Cindy Crawford), un appareil pour les abdominaux, une paire d'altères roses fluo, un tapis de gymnastique et un élastique d'exercice. Sans oublier une corde à sauter, pour le plus grand plaisir du voisin du dessous! Là, vous y mettez plus de cœur à l'ouvrage: 15 jours d'exercices et tout le barda se retrouve dans le fond d'une armoire, sans espoir de revoir un jour la lumière du soleil.
Votre corps remodelé (!), vous décidez de faire peau neuve. Et le must en la matière, c'est le naturel. Huile de palme, savon de Marseille, huiles essentielles, beurre de karité, lait d'amande, algue de Bretagne, toute la gamme y passe. Vous vous tartinez, oignez, pomponnez, grattounez, limez, poncez, savonnez à l'envi. A l'arrivée, vous êtes plus rutilante qu'une Harley Davidson, les pare-chocs en plus flappis (rapport aux capitons sus-mentionnés). Pour votre chevelure, pas de tralalas: vous confiez votre toison à une professionnelle. Elle vous suggère une légère ondulation qui donnera du corps à la coiffure. Et d'ajouter, malicieuse: "en plus comme il sont gras, ça va leur faire du bien". Vendu! Avoir le cheveu ondulé et frais, c'est un rêve de toujours. "Je vous met une petite crème? une petit fixatif? Des mèches, ça vous irait à ravir. Re-vendu. Vous ressortez du salon allégée de 200 francs et frisée comme un alpaga. Et verdâtre, rapport aux mèches qui ont mal digéré le cocktail permantente-coloration. 
Mais vous ne mollissez pas. Les ongles aussi, c'est important. Cela auréole la beauté. Vous confiez donc vos rognures à la gentille dame qui va les transformer en griffes fatales. Et douloureuses. Le repousse-peaux vous agresse et repousse aussi la viande. Rentrée à la maison, vous dévalisez le stock de sparadrap et de pommade l'arnica. Vous vous retrouvez les doigts bandelettés façon Michaël Jackson et l'air emprunté pour les utiliser à quoi que ce soit sans vous arracher un cri de douleur. 
Être belle, c'est vraiment épuisant. Et dire qu'il y a encore des allumés pour dire que la vraie beauté vient de l'intérieur. Sots, va! Ca l'avance à quoi de rentrer de boîte seule avec sa beauté intérieure? Nous, au moins, on a une petite chance. Pas trop souvent, car le manque de sommeil creuse des rides (botox) et brouille le teint (masque au persil), mais pour la rigolade, on est pas les dernières (Vitamine A sur le pli naso-géniens, la ride du sourire) et quand on fait la fête (Aspro, jus d'orange et complément vitaminé) on s'investit à fond (épilation du maillot, des aisselles et de tout ce qui dépasse, fumigation, cataplasme d'argile, tire-comédon et rectification de la ligne des sourcils. Permanente des cils pour les cas pointus). On veut bien être belles intérieurement, mais dehors, ça en jette davantage. Juste, ça prend du temps

 

Un peu de douceur dans ce monde de brutes


C'est à peine si l'on prend le temps de se dire bonjour. De s'inquiéter de la santé de son voisin, de prendre des nouvelles de la famille. Aujourd'hui, tout va trop vite, trop fort, trop loin. Grâce au micro-ondes, nos carottes vichy sont cuites avant même d'être pelées. A la télévision, les présentateurs parlent si vite qu'on ne comprend qu'un mot sur quatre. Il faut dire qu'ils ont quatre fois plus de choses à nous dire et trois fois moins de temps pour les écouter. Star Academy nous pond une vedette internationale en 6 mois. Avant, on avait le statut de Star à la force du poignet, enfin...des cordes vocales. Maintenant, c'est à la force du poignet des téléspectateurs qui doivent téléphoner pour éliminer les concurrents irascibles. Moins laborieux mais plus expéditif.
Alors, de temps en temps, il fait bon de s'arrêter un instant. Se garder un moment juste pour soi, égoïstement et sans la moindre arrière pensée. Et pour que ce break soit savoureux à souhait, pourquoi ne pas écouter un homme qui sait jongler avec les mots et les mouchoirs. Qui met son nez rouge pour faire ses adieux posthumes, qui joue du bandonéon, de la trompette de la clarinette et du verbe avec une dextérité digne de Cyrano de Bergerac. Un pur moment de délice et de romantisme. Un bonheur absolu. Je vous parle de Raymond Devos. Un coffret DVD vient de sortir: 80 ans, 80 sketches. Si vous êtes de ceux et celles qui pense que les poètes sont trop rares, précipitez-vous pour acheter cette merveille. Et écoutez attentivement (et plusieurs fois) chacun des textes. Vous allez entrer dans une dimension fabuleuse: le repos du guerrier après la bataille de Trafalgar. 15 minutes de Devos, ça vaut largement une semaine de thalasso. J'exagère à peine!

 

 

 

 

Sex Machine


Sa main caressait doucement ses cheveux d'or et tandis qu'il lui murmurait des mots que seuls connaissent les anges..." Tu rêves, ma fille! Le temps n'est plus au romantisme. Si tu veux faire ta route, te frayer un chemin dans la vie, tu as intérêt à te blinder. C'en est fi de la comtesse de Ségur, exit La Rochefoucault, Verlaine et Rimbaud. Aujourd'hui, c'est Rocco Sifredi à tous les étages.
A commencer par nos bambins adorés. Entre deux polycopiés à remplir, une matinée piscine et un devoir de math, on leur assène des cours d'éducation sexuelle détaillés. Désormais ils savent comment faire des bébés, comment éviter d'en faire, comment réveiller une libido vacillante et j'en passe. Du coup, la cote du Kinder pingui est en chute libre, suppléé par le préservatif (ça fait des chouettes ballons d'eau!) Et que deviennent les roses, les choux et les cigognes? Aux oubliettes.
A l'âge adulte, la sexualité ne pose pas trop de problème. Du reste, la télé nous montre comment s'y prendre en de multiples occasions. En voyant les téléfilms érotiques (et nombreux) que chaque chaîne de TV qui se respecte passe dans ses programmes, tout un chacun sait comment aborder une jeune fille au pair, recevoir un plombier ou un agent d'assurance ou demander à sa meilleure amie des astuces pour atteindre le Nivana avec Bob, le nouveau chef de service si mignon. Et la copine de vous expliquer avec force détails comment elle s'y est prise pour culbuter ledit Bob, gestes explicites à l'appui. Ca, c'est une copine! D'ailleurs, Messieurs, c'est bien connu: dès que vous avez le dos tourné (traduisez: sitôt que vous êtes au boulot) vos épouses invitent des tas de copines lascives à la maison et organisent des concours de t-shirts mouillés, des batailles de polochons en petites culottes et des séances torrides, rien qu'entre filles.
Au soir de sa vie, l'Homme aspire à un peu de calme et de tranquillité. Il aime à se remémorer en silence les étapes de sa vie comme le jour où... Tu rêves mon joli! Si tu crois que tu vas pouvoir te reposer sur tes lauriers et te la couler douce! Viagra, pain, beurre, piment et en avant la musique. 
Ah! qu'il est loin le temps ou l'on prenait le temps de se conter fleurette. Ou l'homme courtisait sa douce et lui susurrait à l'oreille des choses que seuls les anges connaissent. 
Hier, des petits oiseaux, aujourd'hui des bonobos.

 

 

I love gifts


Revoilà les temps heureux des boules multicolores, des sapins scintillants et des cadeaux joliment enrubannés. Surtout les cadeaux! Parce que moi, les cadeaux, j'aime ça! Ouvrir fébrilement un paquet qui fait mine de résister, ça me donne des frissons tout partout. Tirer délicatement sur le ruban, tenter d'ouvrir le paquet sans déchirer l'emballage qui pourra toujours servir "pask'il est drôlement beau ce papier, où tu l'as acheté?". Finir par déchirer ledit papier en lambeaux avant d'avoir entendu la réponse car, en réalité, le papier, vous en avez rien à faire. Pour l'heure, c'est le contenu de la boîte qui vous intrigue, qui vous titille, qui vous prend la tête. Vous vous laissez tout de même aller à penser que le papier collant est vraiment solide. "Y fôdra que j'achète le même: il est drôlement costaud!". Mais cette pensée était vraiment fugace. Votre esprit revient derechef sur le cadeau qui commence à ressembler à un paillasson à force de vous acharner dessus. Prendre un couteau pour vous aider ne vous vient même pas à l'esprit: trop loin, la cuisine. Vous maudissez celui qui a emballé votre présent, avec une mauvaise conscience toute relative. "C'est à croire qu'il n'a pas envie que je l'ouvre c'te maudit paquet!"
Ouf! Le papier cède enfin. Vous êtes entourée de lambeaux de papier, de faveur, de papier collant. Vous ne les voyez même pas, jonchant lamentablement sur le sol. Terminant d'arracher le papier, vous découvrez avec bonheur... un carton. Bien collé, avec le fameux papier collant si collant. Et la cuisine est toujours aussi loin. Et comme les préparatifs de la fête vous ont rendue fébrile, vos ongles sont rongés jusqu'à la troisième phalangette, donc peu secourables. Bah! il vous reste les dents pour attaquer le sournois. D'abord en douceur, histoire d'économiser votre rouge à lèvres. Puis beaucoup moins élégamment. Le carton est maintenant mieux maquillé que vous. Le papier collant cède sous la pression de vos chicots, le carton s'ouvre enfin, dévoilant un amas de papier de soie froissé. Vous faites valdinguer le papier de soie, cherchant dans le carton la surprise, le cadeau, l'Objet. Rien. Le carton est vide de chez vide.
- "M'enfin, qui m'offre des cartons avec rien dedans?" 
C'était Mamie. Qui nous avait offert une magnifique boule de noël en verre soufflé à la main. "Mais Mamie, il n'y a rien dans ce carton!" 
- "Mais si voyons; je l'ai emballé moi-même et j'ai entortillé la boule dans du papier de soie pour la protéger." Oups!
Joyeux Noël, Mamie.

 

Fifille nichonneuse à sa Môman


Hier soir, je regardais, lascivement vautrée dans mon canapé moelleux, une émission choc au titre évocateur: Explosif ! (point d'exclamation compris dans le titre, c'est dire si le contenu du programme devait l'être explosif !) Le principe: montrer des images étonnantes ou détonantes, des chocs, des gamelles, des courses poursuites, des arrestations en direct, bref: que du bonheur. J'adore! 
L'un des reportages montrait l'intérieur d'un avion, rempli d'étudiants assoiffés de rigolade. Et quoi de plus rigolo que d'organiser un concours de T-shirt mouillé? Ni une, ni deux, voila 5 filles qui se présentent devant des garçons armés de bouteilles d'eau et se font arroser copieusement le torse. Jusque là, rien de bien nouveau: on a rien trouvé de mieux que de l'eau pour mouiller des t-shirts.
Et pour arbitrer les filles, les étudiants ont choisi les stewards qui, ayant du mal à départager, s'en sont remis... au pilote de l'avion en personne! Bon, je sais que ce n'est pas très orthodoxe, mais juguler une centaine de jeunes en folie n'est pas chose aisée. La gagnante à reçu quelques billets... et l'une des perdante a reçu une baffe dans son Ego. De retour à la maison, elle s'est donc plainte à sa môman qui a derechef déposé plainte contre la compagnie aérienne. Résultat: mise à pied du personnel de bord. Mignon, non? Surtout lorsqu'on sait que la bêcheuse argumente "je ne voulais pas, mais je n'ai pas osé dire non". Le seul hic: sur la casette vidéo, on la voit très nettement tendre goulûment ses tétines afin de recevoir l'eau du concours. Je suis certaine que si elle avait remporté le concours, sa Môman n'aurais pas relevé la chose et aurait même été fière de sa fifille. Dur de se rendre compte qu'on a éduqué une roulure avec des nénés de (mauvaise) perdante!

 
Bisous à toutes et à tous et à bientôt sur cet édito !

 


 

 

 

 

 
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